En Casamance, une nouvelle dynamique est enclenchée en faveur de la justice climatique avec la mise en place du Club des femmes leaders, fruit d’un long processus de formation et d’accompagnement. Portée par le projet naturel mis en œuvre par SOCODEVI avec l’appui d’Affaires mondiales Canada, cette initiative marque une étape importante dans le renforcement du leadership féminin face aux enjeux environnementaux.
Selon Aïssatou Diallo, spécialiste en égalité des genres du projet, ce club se veut avant tout un cadre d’échange, de solidarité et de renforcement des capacités entre femmes leaders issues notamment des départements de Bounkiling et de Bignona. Il ambitionne également de servir d’espace de plaidoyer pour une meilleure prise en compte des droits des femmes dans les politiques liées au changement climatique. L’objectif est clair : faire entendre la voix des femmes dans la gouvernance des ressources naturelles et promouvoir une approche inclusive dans l’élaboration des stratégies d’adaptation.
Cette initiative s’inscrit dans la phase finale du projet naturel, dont la pérennité repose désormais sur l’engagement des bénéficiaires. Après plusieurs années de formation, de mentorat et d’échanges d’expériences, les femmes sont jugées suffisamment outillées pour porter elles-mêmes cette dynamique. Le club apparaît ainsi comme un levier de continuité, destiné à défendre leurs intérêts et à influencer les politiques publiques en matière environnementale.
Les autorités administratives locales saluent cette avancée. Le sous-préfet de l’arrondissement de Tendouck, Papa Sandéné Sène, souligne que ce processus a permis de former des femmes capables d’anticiper et de répondre aux défis liés au changement climatique, notamment la déforestation, la dégradation des mangroves et la raréfaction des ressources halieutiques. Il estime que ce cadre organisationnel constitue un moyen efficace d’impliquer davantage les communautés dans la préservation des écosystèmes et dans la recherche de solutions durables.
À la tête de ce nouveau réseau, Dieynaba Diatta, élue présidente du club, mesure l’ampleur de la mission qui lui est confiée. Engagée de longue date dans la lutte contre le changement climatique, elle affirme sa détermination à faire de cette initiative une réussite. Elle entend mobiliser les femmes autour d’actions concrètes et durables, tout en capitalisant sur les compétences acquises au fil des années grâce au projet.
Pour elle, l’impact de SOCODEVI est déjà perceptible, notamment à travers l’autonomisation des femmes et leur capacité à s’exprimer et à agir. Le défi désormais consiste à maintenir cette dynamique et à consolider les acquis afin de renforcer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique en Casamance.
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