Au Sénégal, le secteur extractif génère chaque année environ 26 millions de dollars de primes d’assurance, dont l’essentiel est encore capté par des compagnies étrangères, tandis que les assureurs locaux en perçoivent moins de 5 %. Face à cette situation, les acteurs nationaux entendent désormais renforcer leur présence sur ce marché stratégique, à travers un dispositif visant à mieux structurer la couverture des risques et à développer l’investissement institutionnel.
Cette problématique était au centre de concertations réunissant les acteurs du secteur, notamment les autorités et les professionnels de l’assurance. L’objectif affiché est de permettre une meilleure rétention des primes sur le territoire national, en cohérence avec les orientations du Plan Sénégal 2050 et les politiques de contenu local.
Directeur général de Petrosen Holding, Alioune Gueye a souligné l’importance de cette réforme, rappelant que la majorité des primes d’assurance liées aux champs pétroliers et gaziers échappe encore au circuit national.
« Une grande majorité des primes d’assurance dans ce secteur n’est pas captée au Sénégal. L’idée aujourd’hui est de faire en sorte qu’une part importante de ces primes soit retenue ici », a-t-il déclaré.
Il a indiqué que les primes issues des champs GTA et Sangomar sont estimées à environ 12 à 13 millions de dollars par champ et par an, soit près de 26 millions de dollars au total. Avec le développement de nouveaux projets comme Yaka Teranga, ces montants devraient encore augmenter.
Pour corriger ce déséquilibre, Petrosen prévoit la mise en place d’une captive d’assurance destinée à retenir localement une partie importante des primes, tout en recourant à la réassurance internationale pour la couverture des risques.
« L’objectif est de capter 100 % des primes au niveau national, même si la réassurance peut se faire à l’étranger », a expliqué Alioune Gueye, précisant que les compagnies locales seront associées au dispositif afin de renforcer leurs capacités.
De son côté, le président des sociétés d’assurances du Sénégal, Amar Kébé, a indiqué que les acteurs locaux interviendront à la fois sur le volet de la couverture des risques et sur celui de l’investissement institutionnel. Il estime que le secteur dispose du potentiel nécessaire pour mieux exploiter la manne financière issue de l’industrie extractive, notamment à travers des mécanismes tels que la réassurance.
Selon les participants, ce nouveau dispositif vise à renforcer la souveraineté économique du Sénégal dans un secteur stratégique, en favorisant une meilleure implication des acteurs nationaux dans la gestion des primes d’assurance liées aux ressources extractives.
Emedia
Photo : Pape Doudou Diallo






