Le leader de Pastef, Ousmane Sonko, a livré sa version des faits concernant sa séparation politique avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors d’une rencontre avec la presse. Il a notamment évoqué des divergences profondes sur la gouvernance, la composition du nouveau gouvernement et plusieurs dossiers jugés sensibles.
Selon Ousmane Sonko, les tensions entre les deux hommes se sont accentuées lorsque le chef de l’État aurait tenté d’entrer directement en contact avec certains responsables de Pastef sans passer par les instances dirigeantes du parti. Il affirme également que Bassirou Diomaye Faye lui aurait confié être « le plus représentatif » au sein de Pastef, une déclaration à laquelle il dit avoir répondu en l’invitant à mesurer sa popularité sur le terrain, notamment dans sa commune d’origine de Ndiaganiao.
Le président de Pastef soutient par ailleurs que le chef de l’État a refusé pendant un certain temps de dialoguer avec lui ainsi qu’avec les responsables qu’il avait mandatés pour discuter de la situation. Il affirme toutefois qu’une rencontre a finalement eu lieu au Palais présidentiel à la suite d’une médiation menée par plusieurs personnalités, dont Al Aminou Lo.
Revenant sur le contenu de cet entretien, Ousmane Sonko explique avoir interrogé le président sur la situation de la dette publique. Selon lui, Bassirou Diomaye Faye a indiqué qu’aucune restructuration n’était envisagée pour le moment, tout en précisant que cette option pourrait être étudiée si les difficultés persistaient. Sur la question du coût de la vie, le chef de l’État lui aurait assuré qu’aucune hausse des prix n’était prévue à court terme, même si cette éventualité ne serait pas totalement exclue en cas d’aggravation de la situation économique.
Les deux responsables auraient également échangé sur la justice et la reddition des comptes. Sur ce point, Sonko reconnaît que leurs positions divergent profondément. « Je lui ai clairement dit que nous ne nous entendrons pas sur ce sujet », a-t-il déclaré.
Concernant la formation du nouveau gouvernement, Ousmane Sonko affirme que le président avait initialement envisagé la nomination de sept membres issus de Pastef. Les discussions auraient ensuite porté sur les postes de souveraineté que Bassirou Diomaye Faye souhaitait confier à des personnalités présentées comme apolitiques. Une justification que Sonko conteste, estimant que certaines des personnes choisies affichent un engagement politique évident.
Le leader de Pastef soutient avoir soumis, après consultation du Comité exécutif du parti, plusieurs contre-propositions qui n’auraient pas été retenues. Face à cette situation, Pastef aurait décidé de ne pas participer au nouveau gouvernement.
Malgré ces divergences, Ousmane Sonko assure que son parti n’envisage pas de déposer une motion de censure contre le gouvernement, sauf en cas d’attaques directes contre Pastef. Il affirme que sa formation politique ne considère pas le président Diomaye Faye comme un adversaire et appelle les militants à éviter toute réaction aux provocations qu’il dénonce.
Le leader de Pastef a également évoqué les récentes convocations de certains responsables du parti, qu’il interprète comme des actes de pression politique. Il estime que plusieurs initiatives, dont la saisine du Conseil constitutionnel, s’inscrivent dans une stratégie visant à affaiblir sa formation politique.
Tout en appelant au calme, Ousmane Sonko a prévenu que Pastef utiliserait « tous les moyens légaux » prévus par la Constitution pour défendre ses intérêts si les institutions de l’État étaient, selon lui, utilisées contre le parti.
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