Le projet d’autonomisation économique des femmes par l’approche filière, mis en œuvre dans les communes de Niassya et d’Enampor en Casamance, arrive à son terme avec des résultats jugés très satisfaisants par ses porteurs. Financé par l’Agence basque de coopération à travers son partenaire ACPP et exécuté conjointement par Usoforal (Comité régional de solidarité des paysans pour la paix en Casamance) et ETDS, le programme visait à renforcer les capacités des femmes dans les filières du madd à Niassya et de la mangue à Enampor.
Selon Gabriel Reymond Dia, chargé du projet à Usoforal soforal, la réussite de cette initiative repose en grande partie sur l’implication de l’ensemble des parties prenantes dès la phase de conception. Autorités administratives, collectivités territoriales, services techniques et partenaires locaux ont activement participé à la mise en œuvre des activités dans les deux communes.
Cette dynamique collaborative a permis la réhabilitation et l’équipement des unités de transformation. À Djibonker, dans la commune d’Enampor, l’un des principaux défis concernait l’absence d’accès à l’électricité. Pour y remédier, le projet a installé des systèmes solaires qui permettent aujourd’hui aux femmes de disposer d’une source d’énergie autonome pour leurs activités de transformation.
Dans la commune de Niassya, l’accent a été mis sur l’amélioration du plateau technique. Les difficultés liées au séchage de la mangue ont été considérablement réduites grâce à la mise à disposition de nouveaux équipements. Ces installations servent également à la transformation et au séchage des céréales, renforçant ainsi les capacités de production des groupements féminins.
Les retombées économiques sont déjà perceptibles. Durant les périodes de forte demande, notamment pendant le Ramadan et la Korité, les femmes de Niassya sont régulièrement sollicitées pour fournir des céréales destinées aussi bien au marché local qu’au niveau régional.
Au total, plus de 1 026 femmes ont été touchées indirectement par le projet. Les bénéficiaires directes sont regroupées au sein des fédérations féminines de Niassya et d’Enampor, qui rassemblent plus de 1 000 femmes organisées depuis 2009. Ces structures disposent aujourd’hui de sièges fonctionnels et se réunissent régulièrement pour définir leurs orientations stratégiques en matière de transformation des produits locaux et de développement économique.
Le projet a également permis la mise en place d’un mécanisme de crédit revolving. Ce système offre aux femmes la possibilité de financer leurs activités génératrices de revenus tout en renforçant leurs entreprises individuelles et familiales.
Malgré ces acquis, la mise en œuvre du projet n’a pas été exempte de difficultés. Parmi les principaux défis évoqués figurent les contraintes liées aux calendriers socioculturels des communautés. Certaines activités ont dû être reportées afin de respecter des événements et obligations culturelles locales, rallongeant parfois les délais d’exécution.
À l’heure du bilan, les responsables du projet se félicitent toutefois des résultats obtenus et des avancées enregistrées dans le renforcement de l’autonomie économique des femmes de Niassya et d’Enampor. Les acquis mis en place, notamment les infrastructures, les équipements et les mécanismes de financement, constituent désormais des leviers importants pour la pérennisation des activités et le développement des filières locales en Casamance.
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