La secrétaire générale de la section du Syndicat des agents contractuels de la santé et de l’hygiène publique de l’Hôpital de Pikine, Coumba Sandiane Faye, a contesté la décision de l’administration d’organiser un second tour pour l’élection du représentant du personnel. Elle estime que cette décision est contraire au processus consensuel qui, selon elle, avait été retenu dès le départ entre l’administration et l’intersyndicale.
Face à la presse, Mme Faye a rappelé que toute la procédure ayant conduit au scrutin reposait sur un consensus et non sur l’application stricte d’une procédure électorale classique. « Dès le début, nous avions convenu de discuter avec l’administration et l’intersyndicale afin de trouver un consensus sur l’organisation de cette élection. À aucun moment il n’a été question d’une majorité absolue ou d’un second tour », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la surprise est intervenue après la proclamation provisoire des résultats, alors que le candidat Moussa Ly est arrivé en tête avec 103 voix. L’administration a ensuite invoqué les dispositions d’un décret relatif à l’élection des représentants du personnel pour justifier la tenue d’un second tour, au motif qu’aucun candidat n’aurait obtenu la majorité absolue.
La responsable syndicale affirme toutefois que ce décret n’avait jamais été retenu comme cadre de référence pour l’ensemble du processus électoral. Elle soutient que les discussions n’avaient porté que sur la question de la représentation de la hiérarchie A, seul point ayant motivé, selon elle, la réorganisation des élections.
« Le seul élément qui faisait l’objet du consensus concernait la hiérarchie A. Nous n’avons jamais discuté de l’application des dispositions relatives à la majorité absolue prévues dans le décret. Si cela avait été le cas, tous les acteurs en auraient été informés dès le départ », a-t-elle insisté.
Coumba Sandiane Faye a également rappelé que l’intersyndicale, dont son organisation est membre, avait adressé une correspondance à l’administration pour faire valoir que les nouvelles dispositions invoquées ne faisaient pas partie du consensus initial.
Elle précise que les résultats publiés étaient d’abord présentés comme provisoires, avec un délai de 48 heures accordé aux candidats pour introduire d’éventuels recours. Selon elle, c’est au moment où devait intervenir la proclamation définitive, le 23 juin, que les candidats ont été informés de la décision d’organiser un second tour.
« Cette notification nous a surpris. Si l’administration souhaitait modifier les règles du jeu, elle devait auparavant réunir les différentes parties pour en discuter, comme cela avait été fait au début du processus », a-t-elle estimé.
Le syndicat réclame désormais l’installation immédiate de Moussa Ly comme représentant du personnel, estimant que le candidat est légitimement élu conformément aux règles consensuelles qui avaient encadré le scrutin.
Interrogée sur les actions de protestation en cours, Mme Faye a précisé qu’aucun mouvement de grève n’était envisagé. Elle explique que le port de brassards rouges observé par les agents constituait uniquement un moyen d’exprimer leur mécontentement et leur incompréhension.
« Nous ne sommes ni en grève, ni dans une logique d’affrontement. Nous avons simplement voulu manifester notre désaccord tout en assurant pleinement la continuité du service. Beaucoup d’agents sont restés au travail jusqu’à 17 heures afin de garantir une bonne prise en charge des patients », a-t-elle indiqué.
La responsable syndicale affirme enfin que l’intersyndicale partage la même position et rejette également l’organisation d’un second tour. Elle appelle la direction de l’Hôpital de Pikine à privilégier le dialogue afin de préserver un climat social apaisé.
« Notre seule demande est l’installation de notre représentant du personnel, Moussa Ly, afin que chacun puisse reprendre son travail dans la sérénité. Notre priorité demeure la bonne prise en charge des patients et la stabilité de l’hôpital », a-t-elle conclu.
Emedia






