Les acteurs de la conformité et de la lutte contre le blanchiment d’argent se sont réunis le 29 juin à Saly à l’occasion du Sommet de l’Afrique de l’Ouest sur la conformité, organisé sous l’égide du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA).
Ouvrant les travaux, le directeur général du GIABA, Sir Edwin W. Harris Jr., a alerté sur les insuffisances persistantes des dispositifs de conformité dans la région. Il a notamment évoqué « des faiblesses dans le devoir de vigilance à l’égard de la clientèle », des lacunes dans le suivi des transactions ainsi que des insuffisances dans la déclaration des opérations suspectes.
Selon lui, ces défaillances affectent directement « la perception, la crédibilité et la réputation des systèmes financiers » des États membres, dans un contexte où les exigences réglementaires se renforcent.
Le responsable du GIABA a également souligné que les mutations technologiques et l’évolution rapide des normes de conformité imposent un changement d’approche. « L’innovation rapide et l’évolution des attentes réglementaires ont fondamentalement transformé l’environnement de la conformité. Les approches cloisonnées et traditionnelles ne suffisent plus à appréhender les risques interconnectés en matière de gouvernance, de gestion des risques d’entreprise et de lutte contre le blanchiment d’argent », a-t-il déclaré.
De son côté, la présidente du Forum des femmes responsables de la conformité des États membres, Vania Alexandra Coronel Darosa, a insisté sur le décalage entre le rythme des innovations technologiques et celui de l’évolution des cadres réglementaires. Selon elle, cette situation rend indispensable une meilleure intégration de la gouvernance institutionnelle, de la gestion des risques et des dispositifs préventifs afin de répondre efficacement aux nouveaux défis.
Même constat du côté de la secrétaire générale de la CENTIF, Khadidiatou Faye Fall Diop, qui a rappelé que l’essor de l’intelligence artificielle et la sophistication croissante de la cybercriminalité redessinent les enjeux de la conformité. Tout en encourageant l’innovation financière, elle a plaidé pour un encadrement rigoureux des risques liés aux nouveaux produits financiers.
« La conformité est un pilier de la confiance avec nos partenaires, nos clients et les régulateurs. Elle constitue également un avantage concurrentiel pour attirer les investisseurs », a-t-elle affirmé.
À travers cette rencontre, le GIABA entend renforcer la culture de la conformité en Afrique de l’Ouest et accompagner les institutions financières dans l’adaptation de leurs dispositifs aux nouveaux risques liés au blanchiment d’argent, au financement du terrorisme et aux évolutions technologiques.
Aboubakry Kane, Emedia Mbour







