Des experts venus du Sénégal, du Burkina Faso, de la Gambie, du Tchad, de la Mauritanie, du Mali et du Togo participent, à Saly, à un atelier de trois jours consacré à l’harmonisation et à l’institutionnalisation de la budgétisation sensible au dividende démographique (BSDD).
Organisée par le projet SWEDD (Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel), en collaboration avec le CREG (Consortium régional pour la recherche en économie générationnelle), cette rencontre vise à harmoniser les approches et à renforcer la compréhension du processus de mise en œuvre de la budgétisation sensible au dividende démographique.
En janvier 2017, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine avaient adopté une feuille de route destinée à tirer pleinement profit du dividende démographique à travers des investissements massifs en faveur de la jeunesse. Près d’une décennie plus tard, les participants estiment toutefois que les ressources budgétaires consacrées à cette frange de la population demeurent insuffisantes.
« Nous devons traduire notre ambition dans les arbitrages budgétaires, car une priorité qui ne trouve pas sa place dans le budget demeure une simple intention. Un budget qui ne prend pas en compte le dividende démographique finance les besoins d’hier, mais ne prépare pas les générations de demain », a déclaré Edwige Adekambi, directrice régionale du projet SWEDD+.
Selon elle, face à une jeunesse nombreuse, créative et entreprenante, le renforcement du capital humain ainsi que la création massive d’emplois doivent constituer des priorités pour les États.
Dans la même dynamique, le professeur Latif Dramani, coordonnateur du CREG, a salué « l’engagement collectif à renforcer les capacités nationales, à consolider les acquis du projet SWEDD et à promouvoir une gouvernance fondée sur des données probantes au profit de nos pays ».
De son côté, Waly Sène, représentant du projet SWEDD, a regretté la faible part des budgets nationaux consacrée aux secteurs sociaux. « Le constat est que l’essentiel des budgets ne va pas vers les secteurs porteurs comme l’éducation et la santé, qui restent insuffisamment financés. Nos institutions sont très budgétivores. Il y a donc lieu de revoir la répartition des budgets afin de mieux répondre aux besoins en matière d’éducation et de santé », a-t-il plaidé.
À travers la budgétisation sensible au dividende démographique, les participants entendent promouvoir des décisions politiques cohérentes et des choix budgétaires capables de transformer le potentiel démographique en un véritable capital humain, moteur d’une croissance durable et inclusive.
Aboubakry Kane, Emedia Mbour








