La tension monte au Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS) de Ziguinchor. Réunis face à la presse, les représentants du personnel ont dénoncé le retard dans le paiement des salaires, alors que le 11 du mois, les agents n’avaient toujours pas perçu leur rémunération. L’intersyndicale donne 48 heures à la direction avant d’envisager une nouvelle étape dans son plan d’action.
« Aujourd’hui, nous sommes le 11 et les travailleurs du CROUS de Ziguinchor n’ont pas encore perçu leur salaire. Une situation qui n’est pas acceptable », a déclaré Landing Goudiaby, secrétaire général du SYNTES et délégué du personnel. Pour lui, le différend entre la direction et l’agent comptable ne doit pas détourner les travailleurs de leur revendication essentielle : le paiement de leurs salaires.
« Notre combat, c’est de percevoir nos salaires », a-t-il martelé, appelant les agents à ne pas se laisser entraîner dans un conflit qui ne les concerne pas directement. Il exige le paiement des salaires dans un délai de 48 heures et prévient qu’à défaut, les travailleurs « passeront à la vitesse supérieure ».
Le même ultimatum a été réitéré par Ibrahima Touré, délégué du personnel et secrétaire général d’un syndicat au CROUS. S’exprimant en wolof, il a expliqué que l’intersyndicale avait d’abord cherché à comprendre les raisons du retard en rencontrant l’agent comptable puis la direction. Ces échanges auraient révélé des divergences sur l’origine du blocage.
Selon lui, cette situation entraîne de sérieuses difficultés pour les travailleurs et leurs familles, notamment pour le transport et les dépenses quotidiennes. L’intersyndicale entend donc réévaluer la situation à l’issue du délai fixé et décider des actions à entreprendre.
De son côté, le directeur du CROUS de Ziguinchor, le professeur Salif Baldé, confirme le retard et affirme lui-même ne pas avoir reçu son salaire. Il attribue le blocage à un différend avec l’agent comptable autour de la régularisation de 29 agents.
Le directeur explique qu’une enveloppe de 100 millions de francs CFA avait été inscrite au budget 2024 pour régulariser des agents en fonction depuis plusieurs années. Une commission composée notamment de membres de la direction et de représentants du personnel aurait conclu que cette enveloppe permettait de régulariser 29 agents. Son procès-verbal aurait ensuite été validé par le Conseil d’administration.
Salif Baldé affirme avoir pris les décisions de régularisation et transmis les mandats de paiement à la comptabilité dès le 21 juillet. Mais l’agent comptable aurait demandé une séparation des mandats entre anciens et nouveaux permanents, puis une autorisation du ministère des Finances pour procéder aux paiements.
Une demande que le directeur conteste, estimant que le budget avait été régulièrement approuvé et que toutes les pièces justificatives étaient disponibles. « Nous sommes aujourd’hui le 11 août, ça fait 20 jours que les mandats sont au niveau de l’AC. Qu’il paye les salaires ! Le retard est à son niveau », a-t-il soutenu.
Le directeur évoque également un différend concernant des indemnités et accuse l’agent comptable de bloquer les mandats depuis qu’il a voulu remettre en cause une indemnité qu’il juge indue. Des retards dans le paiement de certains prestataires du secteur de la restauration sont également évoqués.
Alors que les travailleurs réclament le règlement immédiat de leurs salaires, le bras de fer entre la direction et l’agent comptable continue d’alimenter la tension au CROUS de Ziguinchor. L’échéance des 48 heures sera désormais déterminante pour la suite du mouvement.
Emedia








