À Djifanghor, dans l’arrondissement de Niaguis, la communauté locale et les responsables de Casa Industries SA ont partagé une journée placée sous le signe du dialogue, de la communion et de la prière. Organisée à la demande des populations, la rencontre a réuni les dirigeants de l’entreprise, des représentants de la municipalité, les chefs de village et notables, les responsables de l’Église ainsi que les membres de la Fédération des imams et oulémas de l’arrondissement.
Au-delà du repas partagé, cette rencontre avait surtout pour objectif de renforcer les liens entre l’entreprise et les populations riveraines, de répondre aux interrogations et de favoriser une meilleure appropriation du projet industriel par la communauté. Pour Xavier Diatta, directeur de Casa Industries, l’enjeu dépasse largement les intérêts individuels. « Ce projet n’est pas pour un Xavier, un Demba ou un Samba. Ce projet a pour ambition de poser des bases structurelles pour une participation à l’économie régionale », a-t-il déclaré.
L’entreprise entend notamment contribuer à relever l’un des principaux défis du secteur agricole sénégalais : la faiblesse de la transformation locale des produits agricoles. Dans le cas de la noix de cajou, une grande partie de la production continue d’être exportée sans transformation suffisante sur place. « Chaque année au Sénégal, nous transformons quelque chose comme 3 %. Les 97 % ou 95 % vont à l’exportation. Nous travaillons sur toutes ces problématiques pour que demain, vraiment, ça puisse être bénéfique pour le Sénégal », a expliqué le directeur de Casa Industries SA
Cette volonté de renforcer la valeur ajoutée locale devrait également s’étendre à d’autres filières. L’entreprise annonce ainsi le lancement prochain d’une unité consacrée à l’arachide. « Normalement dès octobre, on doit lancer l’unité d’arachide. On va faire de la pâte d’arachide dans un premier temps », a indiqué Xavier Diatta, précisant que le développement de ces activités devra s’accompagner d’une montée en compétences progressive des équipes.
Sur le plan de l’emploi, Casa Industries SA compte déjà près de 70 travailleurs, avec une importante représentation féminine. Pour la direction, ces emplois constituent bien plus qu’une simple source de revenus : ils participent directement à l’autonomisation des travailleurs et au soutien des familles de la zone. Xavier Diatta évoque notamment la fierté d’une employée qui, selon lui, « est toujours fière de sortir de chez elle pour venir gagner dignement son salaire. Ça fait chaud au cœur ».
Une travailleuse a également témoigné de la portée sociale de cette activité pour les femmes de la localité. « Nous les femmes, nous sommes tout. L’objectif de ce travail ici, c’est de soutenir nos familles, nos maris, nos enfants », a-t-elle affirmé, illustrant ainsi l’impact que l’activité industrielle peut avoir sur les foyers et l’économie locale.
La démarche de Casa Industries SA bénéficie par ailleurs du soutien des autorités coutumières et religieuses présentes à la rencontre. L’imam Muhammad Mustafa Diallo, président de la Fédération des imams et oulémas de l’arrondissement de Niaguis, a salué l’implantation de l’entreprise et l’espoir qu’elle suscite dans une région confrontée depuis longtemps au manque d’opportunités économiques.
« C’est un bijou que Monsieur le Directeur vous avez apporté à Djifanghor », a-t-il déclaré, estimant que cette initiative peut contribuer à « éradiquer le chômage qui est le problème au niveau du Sénégal, surtout en Casamance où nous n’avons pas d’industries ». Dans un appel à la jeunesse, il a également formulé le souhait que le développement économique de la région permette de réduire les départs périlleux vers l’étranger : « Que Dieu nous évite de prendre la mer pour aller à l’étranger parce qu’aujourd’hui la Casamance commence à avoir des industries. »
Le chef du village de Djifanghor, Monsieur Sagna, également représentant de la mairie, a pour sa part insisté sur la nécessité de préserver un climat de paix et de confiance autour de l’investissement. Selon lui, la réussite du projet passe par une mobilisation collective et une collaboration étroite entre l’entreprise, les populations et les pouvoirs publics.
« Il a investi son argent, mais le but c’est d’avoir un profit. Pour avoir un profit, c’est de travailler dans la paix. Nous devons tous collaborer dans la paix, l’accompagner qu’il puisse réussir son travail », a-t-il déclaré. Il a également rappelé la position stratégique de Djifanghor : « Djifanghor est une zone industrielle, c’est une zone stratégique. Nous prions pour que l’État l’accompagne pour que l’institution puisse encore grandir. »
À travers cette rencontre, Casa Industries SA entend ainsi consolider son ancrage territorial tout en faisant de la transformation locale, de la création d’emplois et du développement des filières agricoles des leviers de croissance pour la Casamance. Pour les populations et les autorités locales, l’enjeu est désormais de préserver cette dynamique afin que l’implantation industrielle de Djifanghor puisse générer durablement des retombées économiques et sociales au bénéfice de toute la communauté.
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