La situation sanitaire à Ziguinchor prend une nouvelle tournure. Face à la dégradation des conditions de travail et aux difficultés persistantes de fonctionnement de l’hôpital de la Paix, l’intersyndicale regroupant le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), le Syndicat national des travailleurs de la santé (SINTRAS) et le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS) a décidé de durcir le ton.
Dans une déclaration rendue publique, le Dr Ousmane Diba, secrétaire général de la section SAMES et coordonnateur de l’intersyndicale, alerte les autorités, les usagers et l’opinion publique sur une situation jugée préoccupante. Selon les syndicats, les nombreuses démarches entreprises depuis plus d’un an dans le cadre du dialogue et de la concertation n’ont pas permis d’obtenir des réponses concrètes aux revendications formulées.
Les travailleurs dénoncent notamment des ruptures récurrentes de réactifs, qui compromettent la réalisation d’analyses biologiques de base. Ils pointent également l’état défectueux de plusieurs équipements biomédicaux, dont la radio numérique télécommandée et la radiographie panoramique dentaire. Le scanner de l’établissement serait, pour sa part, resté hors service pendant plus de six mois. À cela s’ajoute l’absence d’IRM dans toute la région de la Casamance depuis plus de trois ans, une situation qui, selon l’intersyndicale, complique davantage la prise en charge des patients nécessitant des examens spécialisés.
Les revendications portent également sur des questions sociales et financières. Les syndicats font état d’arriérés d’indemnités et de primes, ainsi que du non-versement de cotisations sociales à l’IPRES et à la Caisse de sécurité sociale. Ils dénoncent par ailleurs un manque de transparence dans la gestion financière de l’établissement et réclament des mesures urgentes pour remédier aux difficultés constatées.
Après plusieurs mois de concertation sans avancée jugée satisfaisante, l’intersyndicale a arrêté un calendrier d’actions pour le mois d’août. Ce lundi 17 août, les travailleurs ont prévu un sit-in de 9 h à 13 h, suivi d’une assemblée générale, du port de brassards rouges et d’un point de presse. Les mardi 18 et mercredi 19 août seront marqués par le port de brassards rouges dans les différents services de l’hôpital.
Une première journée de grève générale est prévue le jeudi 20 août. Le lendemain, vendredi 21 août, les organisations syndicales se réuniront pour évaluer la mobilisation. Le mouvement devrait se poursuivre les mardi 25 et mercredi 26 août avec une deuxième session de grève générale, avant une nouvelle réunion d’évaluation prévue le vendredi 28 août.
Le calendrier prévoit enfin un nouveau sit-in le lundi 31 août, de 10 h à 12 h. Cette mobilisation sera suivie d’une rencontre avec la base, au cours de laquelle les syndicats décideront de la poursuite éventuelle du mouvement à travers un second plan d’action.
L’intersyndicale assure que toutes les actions seront menées dans le respect des urgences et du service minimum. Elle prévient toutefois que la mobilisation se poursuivra jusqu’à la satisfaction des revendications et appelle les autorités compétentes à prendre des mesures rapides pour rétablir des conditions normales de fonctionnement au sein de l’hôpital de la Paix et, plus largement, améliorer l’offre de soins dans la région de la Casamance.
Emedia






