ECOUTEZ IRADIO

audio element.

BESBI LE JOUR

BES BI MAGAZINE

mardi, août 18, 2026
EmediaSN
  • Accueil
  • ACTUALITÉS
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • INTERNATIONAL
  • CULTURE
  • PEOPLE
  • SOCIETE
  • SPORTS
  • TOP VIDÉOS
  • PRÉSIDENTIELLE 2024
No Result
View All Result
EmediaSN
No Result
View All Result

Editorial : Jeu d’échecs risqué

2 heures ago
in A L'INSTANT, ACTUALITÉS, Non classé, UNE
0
Editorial : Jeu d’échecs risqué
1.5k
VIEWS

 Les prix flambent. Le 15 août, date fatidique, les Sénégalais, dévastés, découvrent au réveil une surprenante hausse du carburant à la pompe. La mesure ne fit pas grand bruit. Mais le silence qu’elle inspire traduit un malaise ambiant sur fond d’une lancinante exaspération des populations assaillies de doutes et de pressions à la fois.

 La « vie coûte cher », disent-elles, répétant à l’envi qu’elles n’ont plus de ressources pour tenir debout. Rage au cœur et colère froide, elles ont du vague à l’âme avec la conviction que cette dernière mesure « détruit leurs espoirs ». Celle-ci est même excessive.  Puisqu’elle inflige des dommages économiques et financiers aux citoyens avec le gros risque de les pousser à plus d’agressivité vis-à-vis d’un pouvoir qui ne change pas de ligne pour atténuer ou alléger les souffrances. Or tout  excès est… nuisible ! 

 D’obscurs jeux de pouvoir se déroulent en arrière-plan alorsque des enjeux de croissance, d’emplois et de leadership devraient mobiliser durablement toutes les forces de progression et de transformation du Sénégal. En lieu et place,nous assistons à de sempiternelles batailles politiques pour tenter de contenir ou d’endiguer l’adversaire. A ce stade, les Sénégalais sont perplexes. 

 La perspective d’un prolongement de bail secoue la majorité qui, divisée en deux camps, se livrent à un duel sans merci. L’opinion, comme tétanisée, assiste à la poussée de fièvre aux conséquences incalculables. L’opposition se cherche un angle de tir qu’elle ne trouve pas du reste. Elle s’interdit de se mêler à ces empoignades, croyant par cette attitude tirer un gain politique. Une chimère ! Elle doit exister par elle-même et surtout définir sa ligne d’action par une offre qui séduit et convainc. Elle se contente de peu. Qu’elle ne se surprenne pas donc ! 

La partie qui se joue rend incertaine l’issue. L’esprit du temps s’apprécie dans l’improvisation érigée en modèle dominant. C’est à croire même que « l’exception sénégalaise » vit de périlleux épisodes de fin de cycle ! Le consensus s’est mis en congé. La stabilité se conçoit à géométrie variable. D’où le quotidien aléatoire des Sénégalais qui s’enthousiasment de moins en moins faute de grand dessein partagé ! Le moral au plus bas ? Tout le Sénégal semble affecté par la récente hausse du prix de l’essence et du gasoil. A défaut de voir des délinquants rendre gorge, ils se découvrent pris à la gorge sans pitié par d’étouffantes pressions sociales. Ni répit, ni rémission. Mais vindicte et mépris. Et puis un langage de nouveau riche en gestation : la jactance sur fond de méprise sans raison.  

 Devant un tel tourbillon impétueux, il est difficile de se situer tant l’atmosphère paraît vertigineuse. Le gouvernement ne fixe aucun cap pour l’économie. Le discernement et le sens des priorités s’embrouillent rendant l’horizon brumeux. Que vaut un actif, donc un travailleur qui perd de la force dans une société elle-même en perte de cohésion ?

 Loin de nier une contrainte extérieure, les politiques doivent se racheter une conduite : être à l’écoute du pays profond pour entendre et sentir la profondeur son souffle pour ensuite défendre à tout-prix l’entreprise, socle de toute fierté, qui n’a en définitive qu’un parti pris : croissance et prospérité. Elle ne s’épanouit pas. Parce qu’elle ne prospère pas. Devant elle, il n’y a qu’un jalonnement d’obstacles dédiés à lui briser les ailes pour ne jamais décoller ! A-t-on un jour songé à estimer le taux de mortalité des entreprises au Sénégal. L’hécatombe !

Pour justifier la majoration, le gouvernement évoque dans son communiqué le contexte d’un conflit armé dans le détroit d’Ormuz par où passe plus de 20 % de la consommation mondiale du pétrole. Les marchés pétroliers sont diversement impactés par la crise qui y sévit. Le prix du baril oscille sans arrêt et fluctue en fonction des circonstances tantôt crispantes, tantôt calmes.  Le Brent, admis comme la référence du marché mondial du brut, sert de base de calcul et de fixation du prix de l’or noir auquel adhèrent tous les marchés pétroliers et boursiers. 

 Fort de cet atout, le Brent régule les marchés où se déterminent les quantités exprimées, les volumes des importations, des exportations ou des stocks à l’échelle de la planète. Le pétrole du Moyen-Orient ravitaille la Chine et représente près de la moitié de ses importations ou les trois quarts de sa consommation brute. La dépendance de Pékin est manifeste. En revanche, les Etats-Unis se montrent moins gourmands vis-à-vis du pétrole du Golfe qui se hisse à 8 % de la consommation totale américaine. Par leur abondante production de pétrole de schiste, l’enjeu est donc moins crucial pour les Etats-Unis qui ont également augmenté leurs réserves de pétrole. 

 Souvent, les prévisions de croissance de la demande de pétrole se fondent sur ces paramètres. On le voit, l’argument avancé par le Sénégal pour légitimer la hausse du carburant provient de cette grille d’analyse. Elle omet néanmoins de rappeler que le Sénégal est devenu, à son tour, un pays pétrolier depuis juin 2024. De ce fait, le prix du litre d’essence ou de gasoil serait moindre chez nous car nous en produisons. Mais, en occultant cette dimension, les pouvoirs publics dissimulent la réalité du marché pour dorer autrement la pilule à avaler.

 En devenant pays producteur, le Sénégal change d’échelle de vie. Ce qui devrait se traduire par un net avantage en faveur des Sénégalais qui sentiraient ainsi que le bien acquis procure de la jouissance et peut-être même de la réjouissance contenue. Il se susurre que le pétrole brut extrait au large de nos côtes sur la plateforme de Sangomar est raffiné sous d’autres cieux. Mais oublie-t-on que le Sénégal, s’est très tôt doté d’une raffinerie de pétrole à MBao, au lendemain de son indépendance, au juste la SAR, société africaine de raffinage. Nous importions du pétrole brut pour le raffiner. 

 Cette vision prémonitoire renseigne sur la singularité de cette approche stratégique qui plaçait le Sénégal dans la chaîne de production et de traitement de l’or noir. Preuve par neuf que le Sénégal a eu raison de disposer de cet outil, le puissant Nigéria vient à peine d’en acquérir un grâce à l’opiniâtreté de l’industriel Dangote qui ne s’en cache pas de s’être inspiré du modèle sénégalais. Il ne s’agit pas d’une course contre la montre pour affirmer que le Nigeria a comblé son retard. C’était une nécessité absolue pour Abuja d’acquérir une usine de raffinage. Pour la gloire et le prestige d’un géant qui se néglige.

 A Dakar maintenant de réajuster la sienne en la modernisant avec de nouvelles capacités de traitement en adéquation avec l’accroissement exponentiel des besoins en produits pétroliers finis. L’axe Sénégal-Nigeria peut se renforcer par un croisement de trajectoires qui peut, à terme, orchestrer une volonté de puissance dans ce précieux secteur, fort convoité au demeurant. Trop d’aléas perturbent le commerce mondial du brut. L’insécurité plane sur bien des zones de transit de l’or noir à la merci de surenchères qu’entretiennent des forces irrédentistes ou insurrectionnelles.

 Pour sécuriser ses sources d’approvisionnement, l’Europe s’est détournée des pays l’est, incertains et versatiles pour s’orienter vers l’Afrique dont la proximité est un indéniable avantage comparatif. Le Maroc, conquis par le projet, joue les « go between » et réussit à mobiliser plusieurs pays de la façade atlantique pour le tracé d’un long gazoduc susceptible de garantir à l’Europe des hivers au chaud. Prix de l’infrastructure : 20 milliards de dollars ! 

 L’Europe, face à ses équations de vie, anticipe. Elle met en scénarios le futur qu’elle appréhende en se donnant les moyens de se couvrir, se protéger et surtout parer aux effets néfastes d’un monde d’incertitudes. L’Afrique, malgré ses richesses immenses, est toujours dans l’impréparation. Elle prévoit peu. Elle subit plus qu’elle n’agisse. Ses forces et ses atouts ne se conjuguent pas pour faire sentir son poids. 

Son immobilisme l’empêche d’être au banquet des conquêtes exploratoires. Le continent n’impressionne pas parce qu’iln’étonne pas. Au contraire, c’est l’Afrique elle-même qui s’ébaubit quand d’autres aires géographiques pulvérisent des records, repoussent des limites, franchissent des obstacles et hissent très haut le mât de l’excellence. Une économie robuste à l’échelle continentale résulte d’une ambition forte. Nous perdons du temps. Nous gâchons nos atouts. Et nous tournons le dos à l’essentiel : bâtir.

Par Mamadou NDIAYE

 

 

Tags: jeu d'échecs
Previous Post

Gestion des fonds spéciaux : Aminata Touré accuse Ousmane Sonko de graves manquements à la bonne gouvernance

Next Post

Université numérique Cheikh Hamidou Kane : les étudiants de l’ENO de Ziguinchor réclament l’achèvement de leur bâtiment

Related Posts

La FNCL dénonce une confusion autour des fonds politiques et du décret sur l’ANRAC
A L'INSTANT

La FNCL dénonce une confusion autour des fonds politiques et du décret sur l’ANRAC

by Assane
18/08/2026
1.4k
Université numérique Cheikh Hamidou Kane : les étudiants de l’ENO de Ziguinchor réclament l’achèvement de leur bâtiment
A L'INSTANT

Université numérique Cheikh Hamidou Kane : les étudiants de l’ENO de Ziguinchor réclament l’achèvement de leur bâtiment

by Assane
18/08/2026
1.4k
Gestion des fonds spéciaux : Aminata Touré accuse Ousmane Sonko de graves manquements à la bonne gouvernance
A L'INSTANT

Gestion des fonds spéciaux : Aminata Touré accuse Ousmane Sonko de graves manquements à la bonne gouvernance

by Assane
18/08/2026
1.5k
Patrick Vieira officiellement nommé sélectionneur des Lions de la Téranga
A L'INSTANT

Patrick Vieira officiellement nommé sélectionneur des Lions de la Téranga

by Assane
18/08/2026
1.5k
Next Post
Université numérique Cheikh Hamidou Kane : les étudiants de l’ENO de Ziguinchor réclament l’achèvement de leur bâtiment

Université numérique Cheikh Hamidou Kane : les étudiants de l’ENO de Ziguinchor réclament l’achèvement de leur bâtiment

La FNCL dénonce une confusion autour des fonds politiques et du décret sur l’ANRAC

La FNCL dénonce une confusion autour des fonds politiques et du décret sur l’ANRAC

BES BI LE JOUR

Politique

Mobilisation à Kahéne: Mamady Thiam engage la commune derrière le parti présidentiel
A L'INSTANT

Mobilisation à Kahéne: Mamady Thiam engage la commune derrière le parti présidentiel

by Assane
10/08/2026
0
1.4k

Read moreDetails
Mauritanie : 22 Sénégalais secourus après 25 jours de dérive, plus de 100 migrants portés disparus
A L'INSTANT

Mauritanie : 22 Sénégalais secourus après 25 jours de dérive, plus de 100 migrants portés disparus

by Assane
18/07/2026
0
1.5k

Read moreDetails
A L'INSTANT

Message du Khalife Thierno Madani Tall à la communauté sénégalaise du HavreLe Havre, 21 décembre 2025

by Assane
21/12/2025
0
1.8k

Read moreDetails

ECOUTER IRADIO


audio element.
EmediaSN

Copyright © 2023 Emedia

Plan du site

  • #1421 (pas de titre)
  • ACTUALITÉS
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIETE

Suivez Nous

No Result
View All Result
  • Accueil
  • ACTUALITÉS
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • INTERNATIONAL
  • CULTURE
  • PEOPLE
  • SOCIETE
  • SPORTS
  • TOP VIDÉOS
  • PRÉSIDENTIELLE 2024

Copyright © 2023 Emedia