Du 14 au 20 septembre, le centre agroécologique Karonghen de Niaguis accueille des femmes rurales venues de dix pays d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la cinquième édition du Camp international de formation sur l’agroécologie paysanne (CIFAP 5). Une semaine d’échanges et de formation consacrée aux techniques de conduite de la production avicole en agroécologie paysanne, avec un objectif affiché : promouvoir des pratiques agricoles durables et renforcer la souveraineté alimentaire des communautés.
Initiée par le mouvement panafricain des femmes rurales « Nous sommes la solution », la rencontre réunit des participantes du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la Guinée, du Mali, du Togo et du Sénégal. Au centre Karonghen, elles partagent leurs expériences et découvrent des méthodes d’élevage respectueuses de l’environnement, accessibles financièrement et adaptées aux réalités des exploitations familiales.
Présidant la cérémonie d’ouverture, l’adjoint au sous-préfet de l’arrondissement de Niaguis, Idy Gomel Bâ, a salué l’engagement des femmes rurales dans la transformation des systèmes agricoles. Selon lui, l’élevage avicole constitue un levier important pour l’amélioration de la nutrition, tandis que l’agroécologie contribue à préserver les terres et la biodiversité. Il a appelé les participantes à faire de cette formation un outil au service de leurs communautés.
Pour Mariama Sonko, responsable du mouvement « Nous sommes la solution », la souveraineté alimentaire reste à portée de main à condition de rompre avec certains modèles de production. Le choix de l’aviculture répond, selon elle, à la nécessité de promouvoir des pratiques inspirées des savoir-faire paysans, tout en limitant les dépenses et en préservant les ressources naturelles.
Cette dynamique suscite également l’adhésion des autorités coutumières locales. Le chef de village de Niaguis, Alassane Ndiaye, a salué les avancées enregistrées par les femmes du mouvement, estimant que leur engagement constitue une véritable « révolution rurale » porteuse d’espoir.
Doyenne des participantes, la Guinéenne Fanta Condé insiste, pour sa part, sur l’urgence de transformer les pratiques agricoles pour parvenir à une production saine, rentable et respectueuse de l’environnement. À Niaguis, la formation apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple rendez-vous technique. Elle traduit la volonté de faire des femmes rurales des actrices majeures d’une agriculture africaine plus autonome, durable et capable de contribuer durablement à la souveraineté alimentaire.
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