Le Sénégal entend franchir un nouveau cap dans sa transformation numérique. En visite de travail aux États-Unis, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a reçu ce lundi 14 septembre 2026, à Washington, une délégation de Cybastion, entreprise américaine spécialisée dans la cybersécurité. À l’issue de cette rencontre, le groupe a annoncé la mobilisation d’environ 300 millions de dollars pour accompagner plusieurs projets structurants dans le secteur numérique au Sénégal.
La délégation de Cybastion était conduite par son président-directeur général, Dr Thierry Wandji. Il était accompagné de son directeur de la stratégie, André Biyong, du vice-président chargé des affaires gouvernementales, Scott Blacklin, du directeur des opérations, Oscar Parlback, ainsi que du coordonnateur des affaires gouvernementales, Antonio Espirito Santo.
Cette audience a marqué le début de la première journée de travail du chef de l’État dans la capitale américaine. Son agenda est notamment consacré aux échanges avec des acteurs du secteur privé, avant des entretiens avec les responsables de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.
Le financement annoncé par Cybastion devrait concerner plusieurs secteurs considérés comme prioritaires par les autorités sénégalaises. Il s’agit notamment de la cybersécurité et de la lutte contre la cybercriminalité, du développement de centres de données, du transfert de technologies et du renforcement des compétences nationales dans les métiers du numérique.
Le projet prévoit également une implication directe de l’écosystème entrepreneurial sénégalais. Plusieurs start-ups locales devraient être associées à la mise en œuvre des différentes initiatives. Une approche qui vise à renforcer les capacités des jeunes entreprises sénégalaises, tout en permettant au pays de conserver une part plus importante de la valeur générée par ces investissements.
Pour le président Bassirou Diomaye Faye, la transformation numérique doit avant tout produire des résultats concrets pour les citoyens. L’objectif est notamment de rendre les administrations plus rapides et accessibles, de mieux protéger les données personnelles contre la fraude et les cyberattaques, mais aussi de créer davantage d’emplois qualifiés pour la jeunesse et de favoriser l’émergence d’entreprises technologiques capables d’innover et d’attirer de nouveaux investissements.
Au-delà des infrastructures numériques, l’ambition affichée est également de renforcer la souveraineté technologique du Sénégal et de bâtir un écosystème national plus compétitif.
Lors de ses échanges avec la délégation américaine, le chef de l’État a également insisté sur la nécessité pour le Sénégal de mieux valoriser ses ressources et son capital humain. « On ne peut pas être assis sur une mine d’or et tendre la main », a-t-il déclaré, rappelant sa volonté de promouvoir une politique fondée sur la souveraineté et des partenariats mutuellement avantageux.
Le président de la République a ainsi réaffirmé son souhait de voir les investisseurs trouver au Sénégal des conditions favorables à leur activité, tout en permettant au pays de conserver la maîtrise de son développement. Il a notamment mis en avant la stabilité de l’environnement des affaires et les garanties offertes par l’État de droit.
La rencontre avec Cybastion a été suivie, au cours de la même matinée, par des audiences avec la Chambre de commerce des États-Unis et le Corporate Council on Africa. À travers ces différentes rencontres, Bassirou Diomaye Faye entend placer le secteur privé américain au cœur de sa mission à Washington et présenter les opportunités offertes par le Sénégal.
Cette mission aux États-Unis, qui doit se poursuivre aux Émirats arabes unis, s’inscrit dans la volonté des autorités sénégalaises de relancer l’économie nationale, de renforcer la confiance des partenaires internationaux et d’attirer de nouveaux investissements. L’enjeu, pour le gouvernement, est de transformer les potentialités du pays en retombées concrètes pour les populations, notamment en matière d’emplois, de services publics et d’opportunités économiques.
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