À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a appelé à une refonte profonde du système multilatéral et de la gouvernance mondiale. Dans un contexte international marqué par la multiplication des crises, le chef de l’État sénégalais a plaidé pour un multilatéralisme plus équitable, plus efficace et davantage tourné vers l’action.
Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs régions du monde, Bassirou Diomaye Faye a évoqué les conflits en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan, en Haïti et au Yémen, ainsi que la progression du terrorisme au Sahel. Il a notamment insisté sur la situation à Gaza et en Palestine, qualifiant les souffrances des populations civiles d’inacceptables. Le président sénégalais a réaffirmé son attachement à la solution à deux États, avec un État palestinien ayant Jérusalem-Est pour capitale, vivant en paix aux côtés d’Israël, dans des frontières sûres et reconnues.
Sur le front sécuritaire, le chef de l’État, présenté dans son discours comme président en exercice de la CEDEAO, a réaffirmé la détermination du Sénégal à combattre le terrorisme dans la sous-région. Il a également alerté sur les conséquences d’un éventuel abandon du Sahel par la communauté internationale, estimant que l’instabilité dans cette partie de l’Afrique pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières de la région.
Pour Bassirou Diomaye Faye, les questions de paix et de sécurité sont indissociables des enjeux économiques, climatiques et sociaux. Il a ainsi appelé à une réforme en profondeur de l’architecture financière internationale, à une gestion soutenable de la dette et à la mise en place d’une fiscalité mondiale plus équitable.
Le président sénégalais a également mis en avant les engagements du Sénégal dans le domaine environnemental, notamment à travers la co-organisation avec les Émirats arabes unis de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’eau. Il a par ailleurs souligné les opportunités offertes par les nouvelles technologies, citant le lancement du premier satellite sénégalais comme une avancée dans l’ambition du pays de mettre le numérique et l’intelligence artificielle au service du développement.
Dans son plaidoyer pour un système multilatéral plus performant, Bassirou Diomaye Faye a apporté son soutien à l’initiative « ONU 80 », destinée à renforcer l’efficacité et l’agilité de l’Organisation des Nations Unies. Il a rappelé, à ce propos, la contribution du Sénégal à cette dynamique avec la construction, sur ressources propres, de la Maison des Nations Unies à Diamniadio.
Le chef de l’État sénégalais a également défendu la position africaine commune sur la réforme du Conseil de sécurité, portée notamment par le Consensus d’Ezulwini. Il a estimé que le statu quo ne pouvait plus répondre aux exigences de représentativité et de légitimité de l’ordre international actuel. Dans cette perspective, il a annoncé la candidature du Sénégal à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour le mandat 2032-2033. Il a, dans le même temps, renouvelé le soutien de Dakar à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies.
En conclusion de son intervention, Bassirou Diomaye Faye a invité les États membres des Nations Unies à participer aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), qui se tiendront au Sénégal du 31 octobre au 13 novembre 2026. Premier événement olympique organisé sur le continent africain, cette compétition réunira quelque 2 700 jeunes athlètes représentant 206 comités nationaux. Pour le président sénégalais, ces JOJ constituent une occasion de promouvoir la fraternité, le rassemblement et la paix, en écho aux idéaux portés par les Nations Unies.
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