Les passagers de la ligne Dakar-Paris d’Air Sénégal ont constaté, depuis le 17 septembre, l’absence du personnel navigant commercial (PNC) sénégalais à bord des vols. Cette situation fait suite à une décision du directeur général de la compagnie nationale, Tidiane Ndiaye.
Selon les informations rapportées par WalfQuotidien, la direction d’Air Sénégal a décidé, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, de retirer de cette desserte l’ensemble des stewards et hôtesses sénégalais qui y étaient affectés. Cette mesure intervient après la découverte de pratiques de convoyage de colis, communément appelées « GP » (Gratuité Partielle), pourtant interdites par les procédures internes encadrant les activités du PNC.
D’après des sources citées dans le même article, plusieurs membres d’équipage se seraient livrés à cette activité rémunérée. Certains auraient profité de leurs escales à Paris pour récupérer des bagages appartenant à des particuliers, moyennant une rémunération pouvant atteindre environ 15 euros, soit près de 10 000 francs CFA par kilogramme. Ces pratiques auraient également été effectuées au détriment du respect des temps de repos réglementaires avant les vols retour.
Une enquête interne a été ouverte afin de déterminer les responsabilités et de décider des éventuelles sanctions. Dans l’attente de ses conclusions, la liaison Dakar-Paris est assurée par du personnel navigant étranger fourni par l’opérateur My Way, dans le cadre d’un contrat ACMI, qui comprend la mise à disposition de l’avion, de l’équipage, de la maintenance et de l’assurance.
Cette décision entraîne également la disparition temporaire du personnel sénégalais qui assurait jusqu’ici l’accueil et le service à bord, notamment en wolof, une particularité destinée à renforcer l’identité locale de la compagnie sur cette liaison.
Air Sénégal avait déjà été confrontée à des pratiques similaires lorsque la compagnie desservait les États-Unis. Des contrôles inopinés avaient alors mis au jour des cas de convoyage de colis sur la ligne Dakar-New York. En 2023, certains agents auraient effectué jusqu’à 29 allers-retours en moins d’un an. Une commission d’enquête avait recommandé leur licenciement, mais ces mesures n’auraient finalement pas été mises en œuvre.
Avec cette nouvelle affaire, la direction d’Air Sénégal entend prendre des mesures conservatoires en attendant les conclusions de l’enquête interne, dans le but de faire respecter les procédures de la compagnie et de préserver la sécurité des opérations.
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