L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a ouvert un atelier international consacré aux achats publics verts et durables. Selon le directeur général, Mustapha Djité, la commande publique qui mobilise près de 3 000 milliards de FCFA chaque année doit désormais intégrer davantage les exigences environnementales et sociales, de la définition des besoins jusqu’à l’exécution des marchés.
L’ARCOP prévoit notamment de revoir les dossiers types de la commande publique afin d’y intégrer des clauses environnementales. L’objectif est également de renforcer les capacités des acheteurs publics sur les nouvelles réglementations, le calcul du coût global des biens et services sur leur cycle de vie et la définition de critères environnementaux adaptés.
Une attention particulière sera accordée au secteur du bâtiment, avec la mise en place, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour l’environnement et le ministère de l’Environnement, d’un programme de renforcement des compétences sur les achats publics durables et circulaires. L’initiative vise notamment à favoriser l’utilisation de matériaux plus respectueux de l’environnement et à réduire l’impact énergétique du secteur.
À terme l’ARCOP ambitionne de mettre en place un comité de pilotage chargé d’élaborer une stratégie nationale de l’achat public durable, qui sera déclinée en plusieurs plans d’action. Un dialogue avec le secteur privé doit également permettre d’identifier les contraintes liées à la disponibilité des matériaux durables, aux coûts et à l’intégration de critères d’économie circulaire dans les marchés publics.
le secrétaire général du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Fodé Fall, l’enjeu dépasse la simple modification des pratiques d’achat. Il s’agit de faire de la commande publique un instrument de transformation des modes de production, de construction et de consommation.
Le secteur du bâtiment et de la construction représente environ 7 % du PIB, tandis que les marchés de travaux ont constitué 76,3 % de la valeur des marchés publics enregistrés entre 2017 et 2021, selon les données citées lors de l’atelier. Ces chiffres illustrent, selon le responsable, l’importance de la commande publique dans la transition écologique.
Le Sénégal dispose déjà de plusieurs instruments notamment le Code des marchés publics de 2022, qui permet l’intégration de critères environnementaux, ainsi qu’un guide des achats publics durables prévoyant notamment une feuille de route pour l’action climatique dans le bâtiment et la construction.
Fodé Fall a insisté sur la nécessité d’une responsabilité partagée entre les différents ministères l’ARCOP le secteur privé, les professionnels et le monde universitaire. L’atelier de trois jours doit notamment permettre d’identifier les obstacles de définir des actions prioritaires, de préparer une feuille de route nationale et d’engager un dialogue avec les acteurs privés.
L’objectif affiché est de faire en sorte que la transition écologique se traduise concrètement dans la manière dont l’État construit, achète et certifie, tout en favorisant l’innovation, les filières nationales, le réemploi et l’économie circulaire.
Khady Seck









