La campagne nationale de sensibilisation et de dissémination de la nouvelle convention nationale État-employeurs privés s’est achevée à Ziguinchor, après plusieurs étapes à Saint-Louis, Kaolack et Tambacounda. Cette initiative vise à favoriser une meilleure appropriation du dispositif et à renforcer son opérationnalisation dans les différentes régions du Sénégal.
Présente à Ziguinchor pour la clôture de cette tournée, Samira Daoud, directrice du bureau de l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour l’Afrique de l’Ouest, basé à Dakar, a souligné l’importance de cet instrument dans la politique nationale de l’emploi. Selon elle, la nouvelle convention constitue un outil destiné à faciliter l’insertion des jeunes sur le marché du travail, notamment en leur offrant des possibilités de stage, d’apprentissage et de première expérience professionnelle.
« Il est important de mettre à jour les instruments qui sont au service de cette politique nationale de l’emploi », a-t-elle expliqué, rappelant que le Sénégal a fait de l’emploi une priorité. La convention prévoit notamment des mécanismes visant à favoriser les stages et l’apprentissage, à renforcer les coopératives et les petites entreprises, ainsi qu’à développer les contrats aidés pour faciliter l’accès des jeunes à leur premier emploi.
Pour l’OIT, la réussite de la mise en œuvre du dispositif passe également par une implication accrue des acteurs locaux. Samira Daoud a ainsi insisté sur la nécessité de territorialiser son opérationnalisation afin d’associer les différents intervenants de la politique de l’emploi au niveau régional. Les participants à la rencontre de Ziguinchor ont notamment été invités à prendre connaissance du contenu de la convention et de son manuel de mise en œuvre, mais aussi à faire part de leurs préoccupations et propositions.
De son côté, Cheikh Ahmadou Abdoul Gaye, directeur de l’Emploi au ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, a rappelé que le projet « Ande Yëmbal Xëyu », qui porte la convention nationale État-employeurs, constitue un dispositif d’insertion professionnelle destiné aux jeunes, aux femmes et, plus largement, à différentes catégories d’actifs.
Le responsable a indiqué que le dispositif existe depuis plus de 25 ans, l’ancienne convention datant de 2000. Sa réactualisation a été menée avec l’accompagnement du projet ADJEF du Bureau international du Travail, grâce au financement de la coopération italienne pour le développement.
La nouvelle convention couvre plusieurs domaines, parmi lesquels les stages, l’apprentissage, la promotion de l’entrepreneuriat et les contrats aidés. Sa mise à jour a été précédée d’une évaluation de l’ancien dispositif, destinée à identifier ses forces, ses faiblesses et ses limites. Un manuel de procédures a ensuite été élaboré afin de préciser les modalités de mise en œuvre de la nouvelle convention.
L’une des principales orientations retenues est la territorialisation du dispositif. L’objectif est de faire en sorte que sa gestion ne soit plus concentrée à Dakar, mais qu’elle implique directement les acteurs locaux chargés de l’emploi et de l’insertion professionnelle.
La campagne a ainsi été organisée autour de plusieurs pôles régionaux. Saint-Louis a regroupé les régions de Saint-Louis, Matam et Louga, tandis que Kaolack a accueilli les régions de Kaolack, Diourbel, Kaffrine et Fatick. Tambacounda a réuni Kédougou et Tambacounda. La dernière étape, à Ziguinchor, a été consacrée aux acteurs de la région Sud.
À l’issue de cette tournée, Cheikh Ahmadou Abdoul Gaye estime que les acteurs rencontrés ont manifesté leur intérêt et leur disponibilité à accompagner la mise en œuvre de la nouvelle convention. Il a également annoncé la mise en place d’une gouvernance associant plusieurs structures, notamment les inspections régionales du Travail et de la Sécurité sociale, les dispositifs publics d’emploi, les missions locales, les pôles emploi, les points focaux de la Direction de l’emploi ainsi que les Agences régionales de développement (ARD).
À travers cette démarche, les autorités et leurs partenaires entendent favoriser une meilleure appropriation de la convention par les acteurs territoriaux et faire de cet instrument un levier davantage adapté aux réalités locales de l’emploi et de l’insertion professionnelle.
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