La Société sénégalaise de dermatologie-vénéréologie (SOSEDEV) a réuni, les 9, 10 et 11 octobre à Ziguinchor, des spécialistes et des professionnels de santé autour de la photodermatologie et de la photobiologie. Cette quatrième édition de ses journées scientifiques vise à renforcer les compétences des praticiens, à améliorer la prévention des maladies cutanées liées au soleil et à promouvoir une dermatologie adaptée aux réalités africaines.
Placée sous le thème de la photobiologie et des photodermatoses, la rencontre met l’accent sur les effets du rayonnement solaire sur la peau, particulièrement en zone intertropicale, où l’exposition aux ultraviolets constitue un enjeu important de santé publique. Les échanges portent notamment sur les troubles pigmentaires, le photovieillissement, les cancers cutanés et les affections dermatologiques provoquées ou aggravées par le soleil.
Présidente de la SOSEDEV, le professeur Fatimata Ly, dermatologue-vénérologue et enseignante-chercheuse à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a souligné l’importance de rapprocher l’expertise dermatologique des professionnels de santé exerçant dans les régions. « Nous avons souhaité organiser des journées scientifiques dans les régions pour que la Société sénégalaise de dermatologie puisse apporter son expertise aux praticiens, qu’il s’agisse des infirmiers, des médecins chefs, des médecins généralistes, des spécialistes ou des sages-femmes », a-t-elle expliqué.
Selon elle, les changements climatiques et le réchauffement global renforcent la nécessité de mieux prévenir les effets nocifs du soleil. « Les cancers cutanés sont fortement déterminés par l’impact du rayonnement solaire. Il est donc souhaitable que les praticiens soient formés à la photoprotection pour prévenir non seulement ces cancers, mais également les autres photodermatoses », a-t-elle indiqué.
Au-delà des communications scientifiques, la rencontre accorde une place importante à la formation médicale continue. Organisés le 9 octobre à l’Université Assane Seck de Ziguinchor, des ateliers ont porté sur l’acné, la dermatologie pédiatrique, les plaies et la cicatrisation ainsi que les infections sexuellement transmissibles. Ces sessions ont ciblé notamment les médecins généralistes, les infirmiers, les sages-femmes et les autres professionnels intervenant en première ligne dans les structures sanitaires.
Pour le président du comité local d’organisation, le docteur Diama Sakho, cette initiative constitue une occasion de renforcer les capacités des acteurs de santé des régions de Ziguinchor, de Kolda et de Sédhiou. Il a salué la mobilisation des autorités sanitaires et universitaires, des partenaires et des équipes ayant contribué à la réussite de l’événement. Il a également invité les participants à construire une dermatologie tenant compte des réalités des populations africaines.
Même engagement du directeur régional de la santé de Ziguinchor, Simon Birame Ndiaye, qui a insisté sur la nécessité de rendre les connaissances médicales accessibles à tous les agents de santé. Il a rappelé que les affections cutanées sont souvent détectées dans les postes de santé ruraux et les structures périphériques. Pour lui, la formation des personnels de première ligne est essentielle pour favoriser le diagnostic précoce et prévenir les complications.
Représentant le recteur de l’Université Assane Seck, le vice-recteur chargé de la recherche et de la coopération, Diène Ngom, a salué le choix de Ziguinchor, estimant que cette décentralisation valorise le rôle des universités en région dans la production et la diffusion des connaissances. Il a plaidé pour le renforcement des collaborations entre chercheurs, dermatologues et structures sanitaires afin de développer des réponses adaptées aux besoins des populations.
De son côté, le docteur Aminata Diop, représentante du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, a insisté sur la prévention, notamment à travers la sensibilisation aux risques d’une exposition solaire excessive, la promotion d’une photoprotection adaptée aux peaux foncées et la lutte contre les pratiques dangereuses de dépigmentation cosmétique.
Si la formation des dermatologues a enregistré des progrès importants au Sénégal, plusieurs défis demeurent. Le professeur Fatimata Ly évoque notamment l’accès aux équipements modernes de diagnostic et de traitement, le développement de la recherche épidémiologique et la télédermatologie. « La télédermatologie est attendue pour que l’infirmier chef de poste, dans les zones les plus reculées du Sénégal, puisse avoir accès à l’expertise dermatologique », a-t-elle souligné.
À travers ces journées scientifiques, la SOSEDEV entend ainsi consolider les compétences des professionnels, stimuler la recherche et renforcer la prévention des maladies cutanées. L’objectif est de faire progresser la prise en charge dermatologique sur l’ensemble du territoire, en tenant compte des spécificités de la peau noire et des réalités sanitaires des régions.
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