La Confédération africaine de football (CAF) pourrait revoir sa décision de faire disputer la Coupe d’Afrique des nations (CAN) tous les quatre ans. Annoncée en décembre dernier par son président, Patrice Motsepe, cette réforme avait suscité de nombreuses interrogations au sein du football africain, notamment en raison de ses conséquences sportives, économiques et commerciales. Face aux critiques, l’instance dirigeante du football continental étudie désormais la possibilité de revenir à une organisation tous les deux ans.
Selon le calendrier initialement envisagé, la CAN devait se tenir en 2027, puis en 2028, avant de passer à un cycle quadriennal qui aurait conduit à la prochaine édition en 2032. Ce changement de périodicité visait notamment à réorganiser le calendrier international et à réduire les chevauchements entre les compétitions de clubs et les rendez-vous des sélections nationales.
Toutefois, cette réforme était loin de faire l’unanimité. Plusieurs observateurs ont mis en avant les risques qu’un espacement des éditions pourrait faire peser sur les revenus générés par la compétition, sa visibilité internationale et le développement du football africain. La CAN constitue en effet un rendez-vous majeur pour les fédérations, les diffuseurs, les sponsors et les supporters du continent.
La question du calendrier international est également au cœur des débats. La FIFA, sous l’impulsion de Gianni Infantino, cherche à mieux organiser les différentes compétitions afin de limiter les conflits entre les clubs et les sélections nationales. La tenue de la CAN en hiver provoque régulièrement des tensions autour de la libération des joueurs, certains clubs européens étant réticents à se séparer de leurs internationaux en pleine saison.
Dans ce contexte, Patrice Motsepe a confirmé, vendredi, que la CAF examinait la possibilité de revenir à une CAN organisée tous les deux ans. « Nous étudions la possibilité de revenir à une CAN tous les deux ans. Cette question est actuellement à l’examen », a déclaré le président de l’instance continentale.
Le Comité exécutif de la CAF devrait prochainement se prononcer sur cette question, qui engage directement l’avenir de la compétition phare du football africain. Un éventuel retour au format biennal marquerait un changement de cap par rapport à la réforme annoncée quelques mois plus tôt.
Reste également à déterminer la période retenue pour les prochaines éditions. L’organisation de la CAN en été pourrait permettre de limiter certains conflits avec les championnats européens, mais cette option présente ses propres contraintes. Les conditions climatiques dans plusieurs pays africains, notamment les fortes chaleurs et les précipitations durant certaines périodes, compliquent en effet la programmation du tournoi.
Au-delà des considérations sportives et économiques, cette évolution relance le débat sur la capacité de la CAF à préserver les intérêts du football africain dans un calendrier international de plus en plus chargé. Entre les exigences des clubs, les impératifs commerciaux et les réalités climatiques du continent, l’instance devra trouver un équilibre durable.
Enfin, les circonstances dans lesquelles le passage au cycle quadriennal avait été annoncé continuent d’alimenter les discussions. La réforme était intervenue alors que le Maroc figurait parmi les favoris pour remporter la CAN disputée sur ses terres, avant de s’incliner en finale face au Sénégal. Cette coïncidence a nourri des commentaires et des spéculations sur les intérêts susceptibles d’avoir pesé dans les choix de calendrier. Toutefois, aucun élément présenté ne permet d’établir un lien entre le changement de périodicité et la volonté de favoriser une sélection en particulier.
La décision finale de la CAF est donc attendue avec attention. Elle déterminera non seulement le rythme des prochaines éditions, mais aussi la place que la CAN entend conserver dans le paysage du football mondial.
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