L’ancienne Première ministre et ancienne présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Aminata Touré, a réagi au débat sur les commissions d’enquête parlementaires portant notamment sur les fonds spéciaux de la Primature, du CESE et du Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT). Elle appelle à préserver les prérogatives des organes de contrôle et met en garde contre les manœuvres politiciennes.
Dans sa déclaration, Aminata Touré insiste sur l’importance de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des affaires publiques. Des principes qu’elle présente comme des convictions fortes de du parti presidentiel Kiiraay, et du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Toutefois, elle estime que ces principes républicains doivent être préservés des calculs politiques et des tentatives de manipulation. Pour elle, le contrôle de l’utilisation des deniers publics doit s’inscrire dans un cadre institutionnel clairement défini.
L’ancienne cheffe du gouvernement rappelle ainsi que la Cour des comptes et l’Inspection générale d’État (IGE) sont les organes habilités à exercer des missions de contrôle de la gestion publique. Elle conteste, dans ce contexte, toute volonté de l’Assemblée nationale de se substituer à ces institutions, estimant que les députés ne disposent ni des attributions juridiques ni des compétences techniques nécessaires pour mener des vérifications financières de cette nature.
« La vérification financière, c’est un métier qui requiert des capacités spécifiques suite à de longues études, ce n’est pas du populisme », soutient-elle, appelant à une distinction claire entre le rôle des parlementaires et celui des institutions spécialisées dans le contrôle des finances publiques.
Aminata Touré demande, par conséquent, que l’ensemble des dossiers évoqués soit transmis aux organes de contrôle compétents. Elle cite notamment le fonds Jaam de la Casamance, qu’elle souhaite voir également pris en compte dans cette démarche.
Cette prise de position intervient alors que le Premier ministre Ousmane Sonko a confirmé, ce matin, que la proposition de résolution du groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes relative à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les fonds spéciaux de la Primature, du CESE et du HCCT couvre la période allant de 2012 à 2026.
« Je confirme que la proposition de résolution du groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes pour une enquête parlementaire sur les fonds spéciaux de la Primature, du CESE et du HCCT, porte sur la période 2012 à 2026 », a-t-il écrit.
Les déclarations des deux responsables mettent ainsi en lumière le débat autour des mécanismes de contrôle des fonds publics, des prérogatives du Parlement et du rôle des institutions spécialisées dans la vérification de la gestion financière de l’État.
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