Le quai de pêche de Boudody, à Ziguinchor, a accueilli une cérémonie de remise de matériel aux femmes transformatrices de poisson de la Casamance et d’embarcations aux Comités locaux de pêche artisanale (CLPA). Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « ANARÉ DIFAL », financé par le Gouvernement du Japon et mis en œuvre par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec l’appui de partenaires engagés dans le développement durable de la pêche au Sénégal.
Prenant la parole lors de la cérémonie, la ministre des Pêches et de l’Économie maritime a exprimé sa gratitude au peuple japonais et au Gouvernement du Japon pour le financement du projet « ANARÉ DIFAL », tout en saluant le rôle de la FAO dans sa mise en œuvre. Elle a également remercié la Banque mondiale pour son soutien au projet SENREM, dans le cadre duquel des embarcations ont été acquises au profit des CLPA.
« Les partenariats prennent tout leur sens lorsqu’ils permettent d’améliorer concrètement les conditions de travail et les revenus des populations », a souligné la ministre, insistant sur la nécessité de traduire les appuis des partenaires en résultats tangibles pour les communautés bénéficiaires.
S’adressant aux femmes transformatrices, elle a rappelé leur rôle déterminant dans la chaîne de valeur halieutique en Casamance. « Vous êtes des professionnelles, vous maîtrisez des techniques, vous organisez des productions et vous approvisionnez les marchés par votre travail. Vous créez de la valeur et vous contribuez à la sécurité alimentaire de notre pays », a-t-elle déclaré.
Malgré cette contribution essentielle, les femmes restent confrontées à des difficultés liées au manque d’équipements adaptés, à la conservation des produits, à l’accès aux marchés et au respect des normes sanitaires. Pour la ministre, leur savoir-faire doit être accompagné de moyens adéquats afin de leur permettre de travailler dans de meilleures conditions.
« Votre savoir-faire mérite des équipements à la hauteur de la noblesse de la cause », a-t-elle affirmé, précisant que le matériel remis doit permettre « d’alléger les tâches, de réduire les pertes après capture, d’améliorer l’hygiène et la qualité des produits transformés, mais aussi de renforcer la productivité et les revenus ».
La ministre a par ailleurs insisté sur l’importance de mesurer l’impact réel de cette dotation dans le quotidien des bénéficiaires. « Est-ce que cela vous permet de travailler plus facilement, de perdre moins de produits et de mieux vivre de votre activité ? C’est sur ces améliorations concrètes que se mesurera la réussite du projet », a-t-elle indiqué.
La cérémonie a également été marquée par la remise d’embarcations aux Comités locaux de pêche artisanale. Cette dotation vise à renforcer leurs capacités opérationnelles, notamment en matière de surveillance et de gestion durable des ressources halieutiques.
« Préserver les ressources dont dépend l’ensemble de la filière, mieux équiper la transformation et renforcer la gestion locale de la pêche sont deux actions étroitement liées », a rappelé la ministre. Elle a souligné que « les femmes ont besoin d’un approvisionnement durable, les pêcheurs ont besoin de ressources préservées, mais les communautés ont besoin que ces activités continuent de les faire vivre ».
À l’endroit des représentants des CLPA, elle a mis en avant la responsabilité qui leur incombe dans la préservation des ressources. « Votre connaissance du terrain est précieuse. Ces embarcations doivent renforcer vos capacités opérationnelles, notamment pour la surveillance et votre contribution à la gestion durable des ressources halieutiques », a-t-elle souligné.
Elle les a également invités à mettre en place des règles de gestion claires, à assurer l’entretien régulier des équipements et à rendre compte de leur utilisation au sein de leurs organisations. Les services techniques compétents sont, pour leur part, appelés à accompagner les bénéficiaires et à veiller au bon fonctionnement du matériel mis à leur disposition.
« La remise du matériel doit ouvrir un accompagnement qui se poursuivra sur le terrain », a-t-elle insisté, réaffirmant l’ambition des autorités de soutenir des activités économiques plus solides, capables de générer des revenus durables et d’offrir de nouvelles perspectives aux femmes et aux jeunes.
De son côté, Mme Bintia Stephen-Tchicaya, coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et représentante de la FAO au Sénégal, a salué la coopération entre le Gouvernement du Sénégal, le Gouvernement du Japon et son organisation. Elle a rappelé que « le secteur de la pêche artisanale constitue l’un des piliers de l’économie bleue sénégalaise » et que les femmes occupent une place essentielle dans la transformation, la conservation et la commercialisation des produits halieutiques.
« En Casamance, région riche en ressources halieutiques et en savoir-faire traditionnel, les femmes transformatrices démontrent chaque jour leur courage, leur professionnalisme et leur capacité à créer de la valeur », a-t-elle déclaré, tout en relevant les contraintes auxquelles elles font face, notamment l’insuffisance d’équipements adaptés, les pertes après capture et les défis liés à la qualité des produits.
Selon la représentante de la FAO, le projet « ANARÉ DIFAL » a été conçu pour répondre à ces difficultés et renforcer durablement les moyens de subsistance des communautés côtières. « Au-delà des équipements, il s’agit d’un investissement dans le potentiel humain, dans l’autonomisation économique des femmes et dans l’avenir des communautés de pêche de la Casamance », a-t-elle affirmé.
Elle a encouragé les bénéficiaires à faire un usage optimal du matériel, à renforcer la solidarité entre leurs organisations et à poursuivre leurs efforts pour améliorer la compétitivité de leurs activités. « La FAO demeure résolument engagée à vos côtés pour promouvoir des systèmes alimentaires bleus plus durables, inclusifs et résilients », a-t-elle assuré.
En clôturant son intervention, la ministre des Pêches et de l’Économie maritime a évoqué un souvenir personnel pour témoigner de son attachement au secteur. « Enfant, j’ai travaillé au marché central au poisson. Chères dames, chères femmes transformatrices, je connais la valeur du travail qui est le vôtre », a-t-elle confié, avant de souhaiter que les équipements remis leur permettent d’exercer leurs activités dans les meilleures conditions et d’en recueillir pleinement les fruits.
La cérémonie s’est achevée par la remise officielle du matériel destiné aux femmes transformatrices de poisson et des embarcations destinées aux CLPA de la Casamance. À travers cette initiative, les autorités sénégalaises, le Gouvernement du Japon, la FAO et la Banque mondiale réaffirment leur volonté de soutenir les acteurs de la pêche artisanale, de renforcer les revenus des communautés et de promouvoir une exploitation durable des ressources halieutiques.
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