Après le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) par l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, est monté au créneau pour défendre la démarche du gouvernement. Face à la presse, à sa sortie de l’Hémicycle, il a tenu à apporter des éclaircissements sur les ajustements budgétaires proposés, tout en rejetant les critiques relatives à la sincérité de la gestion des finances publiques.
Le ministre a d’abord rappelé que la présentation du projet de loi de finances rectificative répondait aux exigences de l’article 47 de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF). Selon lui, toute modification substantielle des prévisions budgétaires, qu’elle concerne les recettes, les dépenses ou les dispositions réglementaires et législatives, doit faire l’objet d’une présentation devant l’Assemblée nationale.
Sur le volet des recettes, Cheikh Diba a notamment évoqué les difficultés rencontrées dans la mobilisation des ressources attendues du Plan de relance économique et social (PRES). Alors que les prévisions initiales tablaient sur 762 milliards de francs CFA, seuls 173 milliards avaient été mobilisés à la fin du mois de septembre. Le gouvernement espérait toutefois porter ce montant à 311 milliards de francs CFA d’ici à la fin de l’année, une révision qui, selon le ministre, justifiait un réajustement des projections budgétaires.
Concernant les dépenses, le ministre a mis en avant les conséquences de la crise au Moyen-Orient sur les cours internationaux du pétrole et, par ricochet, sur les coûts de l’énergie et de l’électricité au Sénégal. Il a expliqué que cette situation avait contraint l’État à revoir à la hausse son enveloppe de subventions afin de préserver les populations des effets de la hausse des coûts énergétiques.
À ce titre, il a rappelé que la loi de finances initiale prévoyait 250 milliards de francs CFA de subventions pour le secteur de l’énergie, contre 790,3 milliards de francs CFA dans le projet de loi de finances rectificative. Cette augmentation représente un effort supplémentaire de 540 milliards de francs CFA. Pour Cheikh Diba, présenter le gouvernement comme refusant d’accompagner les populations relève de « l’amalgame » et de la « manipulation », puisque cette rallonge budgétaire visait précisément à renforcer le soutien de l’État aux ménages.
Abordant la question du déficit budgétaire, le ministre a également tenu à clarifier les règles encadrant son évolution. Il a expliqué que le déficit constitue un plafond dans la trajectoire de consolidation budgétaire et non une limite empêchant tout ajustement en cours d’exercice. Fixé à 7,6 %, ce seuil représente, selon lui, une limite à ne pas dépasser pour préserver les engagements de l’État en matière de maîtrise des finances publiques.
Cheikh Diba a par ailleurs rappelé que le gouvernement avait déjà eu recours à une deuxième loi de finances rectificative en 2025, à une semaine de la clôture de l’exercice budgétaire, pour tenir compte des difficultés rencontrées. Une démarche qui aurait également pu être envisagée en cas de nouveaux écarts par rapport aux prévisions actuelles.
Interrogé sur les mesures que le gouvernement compte prendre après le rejet du texte par les députés, le ministre s’est montré réservé, indiquant que la décision reviendrait au président de la République et au Premier ministre. « Le Président décidera avec son Premier ministre », a-t-il déclaré, laissant ainsi ouverte la question des suites à donner à ce rejet parlementaire.
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