L’idée selon laquelle une œuvre détruite serait à jamais perdue ne résiste pas à l’examen de l’histoire.
De même, l’affirmation selon laquelle une œuvre d’art ne peut être que restaurée, et non réhabilitée ou reconstruite, est profondément erronée.
L’histoire elle-même la contredit, et les exemples abondent.
Partout dans le monde, des villes entières, des cathédrales, des palais et des monuments majeurs ont été anéantis par la guerre, les incendies ou les catastrophes naturelles, avant d’être reconstruits à l’identique, parfois des décennies, voire des siècles plus tard.
Varsovie, presque entièrement rasée durant la Seconde Guerre mondiale, a été patiemment reconstruite à partir de peintures, de plans et d’archives. Le château de Dresde, symbole de l’identité saxonne, a retrouvé sa silhouette d’origine après avoir été réduit à l’état de ruines. La basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France, a elle aussi connu de nombreuses campagnes de restauration fondées sur une documentation historique minutieuse.
Ces reconstructions ont souvent suscité des débats, mais elles sont aujourd’hui reconnues comme des actes majeurs de préservation de l’identité et de la mémoire collective.
L’objectif de ces démarches n’est pas de nier la destruction, mais de retrouver l’apparence, l’esprit et la portée symbolique de l’œuvre originale, en s’appuyant sur les archives, les plans, les photographies et, lorsque cela est possible, les matériaux d’origine. C’est une pratique coûteuse, exigeante, parfois controversée, mais courante lorsqu’il s’agit de monuments clés du patrimoine.
L’histoire récente offre également des exemples plus proches de nous. Le Palais du Parlement de Bretagne, à Rennes, construit au XVIIᵉ siècle, a été gravement endommagé non par la guerre, mais par un incendie survenu en 1994 lors d’une manifestation de marins-pêcheurs. Une fusée éclairante s’était logée dans le bâtiment, provoquant un sinistre majeur. Deux ans plus tard, les travaux de reconstruction à l’identique démarraient.
Aujourd’hui, le palais a retrouvé sa splendeur et continue d’abriter la cour d’appel, comme si l’incendie n’avait jamais existé.
Ces exemples rappellent une réalité essentielle : on peut reconstruire, et on ne s’en prive pas, à condition de disposer d’archives, de compétences, de volonté institutionnelle et, surtout, de respect pour l’œuvre originale.
À cet égard, l’œuvre en mosaïque de Papa Ibrahima Tall, aussi précieuse soit-elle, n’est ni la première ni la plus gravement atteinte de l’histoire du patrimoine mondial.
Ce qui fait la différence, ce n’est pas l’ampleur des dégâts, mais la manière dont les institutions assument leur responsabilité : transparence des décisions, mobilisation des archives, concertation avec les ayants droit et les experts, et reconnaissance pleine et entière du caractère patrimonial de l’œuvre.
Car reconstruire à l’identique n’est jamais un geste anodin. C’est un choix politique, culturel et mémoriel. Et lorsqu’il est fait avec rigueur et respect, il devient un acte de transmission, une manière d’affirmer que la mémoire collective vaut l’effort, le temps et les moyens qu’on lui consacre.
Toutes ces agitations montrent à suffisance que la polémique a quitté le terrain technique pour entrer dans sa phase politique.
À tous les haineux qui rêvaient d’une occasion pour attaquer le maire de Thiès afin de freiner son élan ,convaincus que, s’il n’est pas stoppé, ils n’auront aucune chance de le battre lors des élections locales de 2027 ,soyez rassurés que votre agitation communicationnelle ne saurait saper les immenses réalisations actuellement en cours.
Par Mouhamed Mbaye
Citoyen thiessois.








