Une nouvelle étape s’ouvre pour l’industrialisation de la Casamance. À Adéane, dans la région de Ziguinchor, l’État du Sénégal a officiellement lancé ce lundi un appel aux investisseurs privés afin de faire du parc agro-industriel un véritable moteur de transformation économique, de création d’emplois et de valorisation des productions locales.
À l’occasion d’une journée portes ouvertes présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, investisseurs, partenaires financiers et établissements bancaires ont découvert des infrastructures déjà opérationnelles et prêtes à accueillir les premières unités industrielles. Financé à hauteur de plus de 57 milliards de francs CFA par l’État du Sénégal et ses partenaires, le parc dispose actuellement de 40 hectares aménagés sur un total de 85 hectares.
Le site comprend notamment des hangars modernes de plus de 2 400 m², des chambres froides d’une capacité de stockage de 1 500 tonnes ainsi qu’un centre d’excellence destiné à accompagner le développement des compétences. L’ambition affichée est de mobiliser près de 125 milliards de francs CFA d’investissements privés pour bâtir un écosystème industriel capable de transformer localement les richesses agricoles de la région.
Selon les projections présentées lors de la rencontre, les projets identifiés dans les Agropoles Sud et Centre pourraient générer plus de 1 700 emplois et attirer plus de 24 milliards de francs CFA d’investissements. Pour les acteurs économiques présents, cette plateforme représente une opportunité majeure pour renforcer la transformation locale et stimuler l’emploi.
Directeur de Casa Industries, Xavier Diatta a réaffirmé l’engagement du secteur privé à accompagner cette dynamique à travers la transformation des produits agricoles, la formation et l’insertion professionnelle des jeunes. De son côté, Élimane Ndao, acteur de la filière anacarde, estime que le parc permettra de mieux valoriser les productions locales tout en créant des perspectives d’emploi pour les jeunes et les femmes.
Présidente de l’initiative « J’y suis, j’y investis en Casamance », Élisabeth Peggy Bâ Preira a, quant à elle, plaidé pour un accompagnement renforcé des entreprises locales afin de favoriser leur croissance.
Prenant la parole, le ministre Serigne Guèye Diop a insisté sur la nécessité de transformer sur place les ressources agricoles de la Casamance. Mangues, madd, ditakh et autres produits locaux ne doivent plus être perdus faute de capacités de stockage ou de transformation, a-t-il souligné. Pour le ministre, toute la chaîne de valeur doit désormais être développée dans la région.
En marge de la visite, la délégation ministérielle s’est rendue auprès des femmes engagées dans la transformation des produits de l’anacarde dans les forêts d’Adéane. Une séquence symbolique illustrant la volonté des autorités de faire de l’industrialisation un levier de développement inclusif. Avec des infrastructures déjà en place et un appel clair aux investisseurs, Adéane entend désormais incarner le nouveau visage de la Casamance industrielle.
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