Face à l’aggravation des effets du changement climatique au Sénégal, l’organisation Citoyens Actifs pour la Justice Sociale (CAJUST) a réuni une cinquantaine de professionnels des médias à Dakar pour un atelier de renforcement de capacités consacré au traitement médiatique des enjeux climatiques et de la transition énergétique. Organisée les 12 et 13 août 2026 à l’Hôtel Ndiambour de Dakar, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « Tous actifs pour la justice climatique ! ».
L’objectif de cet atelier est d’améliorer la qualité de la couverture médiatique du changement climatique, de la transition énergétique et des énergies renouvelables, tout en donnant aux journalistes les outils nécessaires pour mieux comprendre les politiques publiques et les enjeux liés à ces secteurs. Durant deux jours, les participants échangent notamment sur les concepts et politiques climatiques et énergétiques au Sénégal, les réalités de la couverture médiatique de ces questions ainsi que le narratif économique de la transition énergétique.
Intervenant lors de la rencontre, Boubacar Seydi, responsable du programme Justice climatique et environnementale de CAJUST, a insisté sur l’urgence d’une mobilisation collective face aux conséquences du dérèglement climatique. Selon lui, les effets du phénomène sont désormais visibles dans plusieurs régions du pays, avec notamment l’érosion côtière, la salinisation des terres agricoles, la récurrence des sécheresses et la hausse des températures.
Ces bouleversements ont également des conséquences sociales importantes, notamment à travers le déplacement de populations et la fragilisation des moyens de subsistance. Pour CAJUST, la réponse à ces défis ne peut cependant reposer uniquement sur l’État ou les organisations de la société civile. Elle doit également impliquer les citoyens, les communautés et l’ensemble des acteurs économiques et sociaux.
Dans cette dynamique, les médias occupent une place stratégique. L’organisation estime que les journalistes doivent aller au-delà d’un traitement ponctuel de l’actualité environnementale, souvent limité aux périodes d’inondations, de catastrophes ou d’inauguration d’infrastructures. Elle les encourage à privilégier un journalisme davantage axé sur les solutions, capable d’expliquer les causes des phénomènes, d’identifier les réponses existantes et de mettre en lumière les initiatives susceptibles de renforcer la résilience des populations.
CAJUST appelle également les professionnels des médias à renforcer leurs méthodes de recherche et de vérification de l’information en s’appuyant sur les données et l’expertise des structures spécialisées, notamment l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) et l’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER).
Au-delà des questions environnementales, l’atelier accorde une place importante aux enjeux d’égalité de genre et à la participation effective des femmes dans les politiques climatiques et énergétiques. CAJUST entend ainsi contribuer à faire de la transition énergétique une véritable opportunité de développement inclusif, de création d’emplois verts, de renforcement de la résilience des communautés et d’autonomisation économique des femmes.
À travers cette initiative, l’organisation réaffirme sa volonté de renforcer le rôle des médias dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques relatives au climat et à l’énergie. Pour CAJUST, une information mieux documentée et plus accessible constitue un levier essentiel pour favoriser la prise de conscience citoyenne et encourager l’action collective en faveur d’un développement durable, résilient et sobre en carbone.
Emedia
Photo : Pape Doudou Diallo







