La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) a exprimé sa vive préoccupation face à la recrudescence des arrestations jugées arbitraires dans le pays. L’organisation est réunie à Saly, du 18 au 21 décembre 2025, dans le cadre d’un atelier de formation consacré au contentieux stratégique.
Cette rencontre vise à renforcer les capacités des membres et du staff de la RADDHO sur les outils du contentieux stratégique, un mécanisme présenté comme essentiel pour la promotion et la protection des droits humains.
Selon l’organisation, les remous politiques consécutifs aux événements de 2021 ont entraîné de graves violations des droits humains. « En plus de plus de 80 personnes tuées, près d’un millier d’arrestations ont été enregistrées », déplore la RADDHO. Le régime issu de cette période, initialement porteur d’espoirs, est aujourd’hui critiqué pour des restrictions croissantes des libertés fondamentales.
« Depuis 2021, nous vivons une situation très difficile, marquée par une restriction sévère de l’espace civique, de la liberté d’expression et de la presse. Dès qu’une personne s’exprime, il existe de fortes craintes d’arrestation », a déclaré Souleymane Sagna, chargé des relations extérieures de la RADDHO.
Il a également appelé à mettre un terme aux arrestations arbitraires. « Il est temps d’en finir avec ces arrestations tous azimuts, suivies de libérations dès le lendemain. Les réformes judiciaires sont importantes, mais nous avons surtout besoin de solutions urgentes, et non uniquement à moyen ou long terme », a-t-il ajouté.
De son côté, Frédéric Philippe Diouf, chargé de la formation à la RADDHO, a souligné l’importance du contentieux stratégique comme levier de changement. « Les droits humains ne doivent pas rester théoriques. Ce sont des réalités vécues au quotidien. La situation actuelle, marquée par de nombreuses violations, en est la preuve », a-t-il conclu.
Aboubakry Kane, Emedia Mbour








