À la veille de l’inauguration, ce lundi 10 août 2026, de l’hôpital de Tivaouane, les avocats de la SCI Pharaon, détenue par l’homme d’affaires Madiambal Diagne, dénoncent ce qu’ils considèrent comme une contradiction dans la procédure judiciaire visant leur client et la société française Ellipse Projects.
Dans un communiqué signé par Me EH Amadou Sall, au nom du collectif des avocats, la défense rappelle que l’hôpital de Tivaouane a été réalisé intégralement par Ellipse Projects. Elle souligne que cette inauguration intervient alors qu’une procédure judiciaire devant un juge d’instruction vise à la fois cette société et la SCI Pharaon.
Selon les avocats, la SCI Pharaon fait partie des dizaines de sociétés ayant conclu des contrats de prestation de services avec Ellipse Projects, généralement dans le cadre de contrats de sous-traitance. Ils précisent toutefois que Madiambal Diagne et la SCI Pharaon « n’ont jamais signé le moindre contrat avec l’État du Sénégal », dont le seul partenaire officiel, dans le cadre de ce projet, serait Ellipse Projects.
La défense relève par ailleurs une situation qu’elle juge paradoxale. Elle affirme que Madiambal Diagne, son épouse, deux de leurs enfants ainsi que certains de leurs proches ont fait l’objet de poursuites et d’emprisonnement, alors que, dans le même temps, les autorités sénégalaises continueraient à travailler avec Ellipse Projects sur plusieurs infrastructures.
Les avocats évoquent notamment les discussions qui auraient été engagées entre le gouvernement et les dirigeants d’Ellipse Projects pour permettre la poursuite de certains travaux relevant du programme de réalisation d’infrastructures stratégiques pour le compte du ministère de la Justice.
« Malgré la plainte que l’État a déposée contre la société Ellipse Projects, les contrats déjà signés n’ont jamais été dénoncés », soutient le collectif. Selon les avocats, des négociations sont menées pour la reprise de certains chantiers, tandis que d’autres, dont celui de l’hôpital de Tivaouane, sont poursuivis jusqu’à leur achèvement.
La défense s’interroge également sur l’absence, selon elle, de mesures judiciaires visant les dirigeants d’Ellipse Projects. « Il n’est pas possible de porter plainte contre les dirigeants d’une entreprise pour malversations financières, se garder de dénoncer le contrat et, pire, négocier avec eux en les suppliant de poursuivre la relation contractuelle », estiment les avocats.
Pour le collectif, cette situation jette un doute sur la poursuite des procédures visant Madiambal Diagne, ses sociétés, ses proches et certains membres de sa famille. Les avocats considèrent que ces poursuites « s’apparentent à un inadmissible règlement de compte ».
À leurs yeux, l’inauguration de l’hôpital de Tivaouane et les négociations engagées entre l’État et Ellipse Projects constituent de nouveaux éléments qui remettent en question le bien-fondé des poursuites contre leur client et son entourage.
Les avocats de la SCI Pharaon estiment ainsi que ces procédures « n’ont plus de raison » et annoncent leur intention d’exiger de la justice qu’elle confirme cette position par un non-lieu en faveur de Madiambal Diagne, de ses sociétés, de ses proches et des autres personnes concernées.
Emedia







