ECOUTEZ IRADIO

audio element.

BESBI LE JOUR

BES BI MAGAZINE

dimanche, mars 1, 2026
EmediaSN
  • Accueil
  • ACTUALITÉS
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • INTERNATIONAL
  • CULTURE
  • PEOPLE
  • SOCIETE
  • SPORTS
  • TOP VIDÉOS
  • PRÉSIDENTIELLE 2024
No Result
View All Result
EmediaSN
No Result
View All Result

LA LIMITE DU PRES FACE AUX BESOINS GLOBAUX DE FINANCEMENT : UN PLAN PARTIEL CENTRE SUR LE BUDGET, MAIS NON SUR LA DETTE

7 mois ago
in A L'INSTANT, ACTUALITÉS, ECONOMIE
0
20250805 132848 0000
1.5k
VIEWS

Le Plan de Redressement Économique et Social (PRES) présenté par le gouvernement du Sénégal pour la période 2025–2028 se veut ambitieux et centré sur une plus grande mobilisation des ressources internes. Il prévoit un effort d’ajustement de 6 400 milliards FCFA sur quatre ans, reposant principalement sur la rationalisation des dépenses, le recyclage d’actifs publics, la mobilisation fiscale, ainsi que sur de nouveaux instruments de financement endogène.
Cependant, cette enveloppe – bien que substantielle – apparaît largement insuffisante au regard des besoins réels de financement de l’État pour cette même période. En effet, une estimation synthétique prenant en compte :
– le besoin de financement global de l’État en 2025 (déficit budgétaire + amortissement de la dette + OPEX), évalué à 5 715 milliards FCFA ;
– la somme des déficits budgétaires prévus sur 2026–2028, estimée à 2 925 milliards FCFA ;
– l’amortissement cumulé de la dette publique sur 2026–2028, évalué à 13 840 milliards FCFA, même si ce chiffre est probablement sous-estimé car fondé sur les données du Bulletin Statistique de la Dette Publique (BSDP) du premier trimestre 2024, qui ne tiennent pas encore compte des échéances issues du financement des grands projets ni du service de la dette intérieure encore impayé,
… donne un total cumulé de 22 480 milliards FCFA de besoins financiers sur la période 2025–2028.

Un plan couvrant essentiellement le budget, mais pas la dette

Autrement dit, le PRES constitue un plan de financement du budget, mais non de l’ensemble des obligations financières de l’État. Il ne prend pas en charge le service de la dette (principal + intérêts), qui reste, à ce jour, largement tributaire des financements extérieurs.
Cela signifie que, malgré l’ambition affichée de souveraineté financière et de découplage vis-à-vis des partenaires internationaux, la dépendance du Sénégal à l’égard des bailleurs extérieurs et des marchés financiers demeure intacte pour le financement de la dette publique.

Un besoin persistant de capitaux extérieurs

Au-delà du budget et de la dette, un autre facteur structurel vient confirmer cette dépendance : le déficit courant de la balance des paiements, qui s’élevait à 2 478 milliards FCFA en 2024. Ce déséquilibre externe, nourri par un déficit commercial chronique, témoigne de la nécessité d’un afflux régulier de capitaux étrangers pour équilibrer les comptes extérieurs.
Dans ce contexte, le Sénégal a structurellement besoin de capitaux extérieurs, qu’ils prennent la forme d’investissements directs étrangers (IDE) ou de dettes externes bien maîtrisées. Ainsi, toute stratégie de financement exclusivement interne ne saurait suffire à couvrir durablement les besoins de financement de l’État et de l’économie.
Par ailleurs, l’obsession d’une souveraineté financière mal définie ne doit pas conduire à une éviction du secteur privé national des marchés de capitaux domestiques. En accaparant une bonne partie ces ressources pour financer le déficit budgétaire, l’État risquerait de renchérir le coût du crédit, d’étrangler l’investissement privé et, in fine, de ralentir la croissance économique.

Une autonomie budgétaire partielle et une dépendance persistante

Si le PRES permettrait — en théorie — de financer jusqu’à 90 % des dépenses budgétaires courantes sur ressources internes, il n’offre pas de solution structurelle à la question de l’endettement, qui reste le talon d’Achille de la stratégie financière du Sénégal. Les échéances futures, notamment en dette euro-obligataire et en dettes bilatérales contractées au cours de la dernière décennie, continueront à peser sur la trésorerie de l’État.
Ainsi, la véritable indépendance financière ne pourra être atteinte que si le Sénégal parvient à intégrer dans sa stratégie de redressement :
– un plan de restructuration de la dette publique (incluant possiblement un reprofilage ou une renégociation),
– un renforcement du pilotage de l’endettement dans une logique de soutenabilité,
– une politique vigoureuse de réduction des paiements d’intérêts, notamment par la baisse du recours aux financements non concessionnels.

En résumé, le PRES constitue une avancée importante vers la maîtrise du budget de l’État, mais il reste incomplet tant qu’il n’intègre pas de réponse claire à la problématique du financement de la dette publique et des déséquilibres extérieurs. C’est à ce niveau que se joue la stratégie de développement endogène du pays, et c’est là que réside encore la dépendance structurelle du Sénégal vis-à-vis des financements extérieurs, en particulier ceux du FMI et des marchés internationaux.

Pr Amath Ndiaye
FASEG-USEG

Tags: financementPlan de redressement économique et socialPr Amath Ndiaye
Previous Post

Le secteur extractif au Sénégal : une menace pour la sécurité juridique foncière ? Analyse à la
lumière du droit positif et des exigences du développement durable

Next Post

CONTRIBUTION : Les 18 millions de Sénégalais doivent s’approprier le Plan de redressement économique et social PRES

Related Posts

InCollage 20260301 134400229
A L'INSTANT

Mbour : la lagune de Mballing menacée par des projets fonciers

by EMEDIA
01/03/2026
1.4k
InCollage 20260301 133228619
A L'INSTANT

Le Fonds Prosperi d’Aurélien Tchouaméni célèbre le sport et les valeurs citoyennes à Ziguinchor

by EMEDIA
01/03/2026
1.4k
FB IMG 1772365502304
A L'INSTANT

L’ayatollah Alireza Arafi intègre le Conseil provisoire chargé d’assurer l’intérim du Guide suprême iranien

by EMEDIA
01/03/2026
1.5k
FB IMG 1772307212973
A L'INSTANT

Le Sénégal exprime sa vive inquiétude face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient

by EMEDIA
28/02/2026
1.5k
Next Post
InCollage 20250805 134042329

CONTRIBUTION : Les 18 millions de Sénégalais doivent s'approprier le Plan de redressement économique et social PRES

20250805 141942 0000

Le Premier ministre, Ousmane Sonko attendu en Turquie pour une visite officielle du 6 au 10 août 2025

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

BES BI LE JOUR

Politique

A L'INSTANT

Message du Khalife Thierno Madani Tall à la communauté sénégalaise du HavreLe Havre, 21 décembre 2025

by Assane
21/12/2025
0
1.6k

Read moreDetails
FB IMG 1766061086610
A L'INSTANT

Le FDR dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance de Pastef et appelle à la mobilisation nationale

by EMEDIA
18/12/2025
0
1.6k

Read moreDetails
IMG 20251214 WA0026
A L'INSTANT

CAP-Podor exige la libération immédiate du député-maire Farba Ngom

by EMEDIA
14/12/2025
0
1.5k

Read moreDetails

ECOUTER IRADIO


audio element.
EmediaSN

Copyright © 2023 Emedia

Plan du site

  • #1421 (pas de titre)
  • ACTUALITÉS
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIETE

Suivez Nous

No Result
View All Result
  • Accueil
  • ACTUALITÉS
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • INTERNATIONAL
  • CULTURE
  • PEOPLE
  • SOCIETE
  • SPORTS
  • TOP VIDÉOS
  • PRÉSIDENTIELLE 2024

Copyright © 2023 Emedia