Le président du mouvement Xall Yoon, Lamine Guèye, a tenu une déclaration publique dans laquelle il a sévèrement critiqué la gouvernance du régime en place, dirigé par le parti Pastef, tout en appelant à une relance économique audacieuse et structurée pour sortir le Sénégal de ce qu’il qualifie de « dérive institutionnelle et économique ».
Face à la presse, Lamine Guèye a tout d’abord remercié les journalistes pour leur présence, soulignant leur rôle crucial dans la consolidation d’un Sénégal prospère, souverain et juste. Il a ensuite exprimé l’inquiétude de son mouvement face à la direction que prend le pays depuis l’accession au pouvoir de Pastef, estimant que « le Sénégal, en dehors de sa position géographique et de ses frontières, est en train de tout perdre ».
Il pointe notamment un recul significatif de la liberté d’expression, avec ce qu’il qualifie de musèlement des voix critiques du régime, ainsi qu’une concentration du pouvoir entre les mains de l’exécutif. Selon lui, l’Assemblée nationale, jadis lieu de débat démocratique, a perdu sa vocation, se transformant en une simple vitrine sans réel pouvoir de contrôle ni de proposition.
Le président de Xall Yoon a également dénoncé ce qu’il considère comme un abandon de la bonne gouvernance, évoquant les retards dans la publication des rapports d’exécution budgétaire, ainsi que les zones d’ombre entourant des affaires comme celles de l’ONAS et de l’AZER, ayant un impact direct sur la vie quotidienne des Sénégalais, notamment en matière d’inondations et d’électrification rurale.
Sur le plan économique, Lamine Guèye a rappelé les avancées notables réalisées au cours des deux dernières décennies, citant la construction d’infrastructures majeures telles que l’aéroport international Blaise Diagne, des autoroutes interurbaines et des établissements de santé modernes. Il estime que cette dynamique a été interrompue par le nouveau régime, dont le plan de redressement économique, selon lui, « relève davantage d’une austérité sévère que d’une vision de développement ». Il qualifie cette politique de « reculade de 24 ans », la jugeant dangereuse et injustifiée, surtout pour un pays riche en ressources naturelles et doté d’une stabilité institutionnelle constante.
Pour Lamine Guèye, le Sénégal n’a pas besoin d’un plan de redressement mais d’un plan de relance économique fondé sur des investissements massifs. Il préconise une diversification des partenariats internationaux, appelant à une diplomatie offensive en direction de puissances comme la Chine et les pays du groupe BRICS, afin de financer des projets structurants comme de nouvelles villes métropolitaines.
Parmi les propositions du mouvement figurent également une politique énergétique différenciée selon les zones économiques, une valorisation de l’agriculture comme moteur de croissance, l’interdiction de l’exportation brute des matières premières (à l’exception du pétrole et du gaz), ainsi qu’une réduction du train de vie de l’État. Le mouvement insiste aussi sur la nécessité de recentrer les nominations dans la haute administration sur la compétence, et non sur l’allégeance politique ou les louanges adressées au chef de l’État.
En conclusion, le président de Xall Yoon a affirmé que son mouvement reste engagé pour un Sénégal fort, équitable et tourné vers un avenir où la justice sociale et le développement économique sont au cœur de l’action publique.
Emedia