Le marché du travail sénégalais a connu une évolution contrastée en 2025. Si le Rapport annuel des statistiques du travail met en avant une dynamique de création d’emplois avec 22 093 nouveaux postes enregistrés, il révèle également des fragilités persistantes marquées par la fermeture de 184 établissements, la suppression de 1 653 emplois, une hausse des accidents du travail et la multiplication des conflits sociaux.
Selon les données présentées par l’Inspection du travail, 2 675 ouvertures ou réouvertures d’établissements ont été recensées au cours de l’année. Cette activité économique a favorisé la création de 22 093 emplois, tandis que 8 231 contrats de travail ont été officiellement enregistrés, traduisant une progression de la formalisation de l’emploi.
Cependant, ces performances positives sont contrebalancées par la disparition de 184 établissements, entraînant la perte de 1 653 emplois. Le rapport souligne ainsi que, malgré les nouvelles créations d’entreprises, une partie du tissu économique demeure vulnérable, avec des conséquences directes sur l’emploi.
Les contrôles menés par les services de l’Inspection du travail mettent également en évidence plusieurs manquements à la législation sociale. Au total, 5 906 visites ont été effectuées dans les entreprises, révélant notamment des retards ou absences de paiement de certaines primes, des irrégularités dans la délivrance des bulletins de salaire ainsi que le non-respect des obligations liées au dialogue social. Dans plusieurs établissements, les réunions avec les représentants du personnel ne seraient pas organisées conformément aux exigences réglementaires.
Le rapport fait également état d’une dégradation des indicateurs liés à la santé et à la sécurité au travail. En 2025, 1 041 accidents du travail et maladies professionnelles ont été déclarés, contre 975 en 2024, malgré la création de 96 nouveaux comités d’hygiène et de sécurité. Sur le plan de la protection sociale, 42 315 adhérents et 592 942 participants ont été recensés à l’Ipres, tandis que quatre nouvelles institutions de prévoyance maladie ont obtenu leur agrément.
Le climat social demeure également marqué par de nombreuses tensions. Les inspections du travail ont enregistré 108 conflits collectifs au cours de l’année. Plus de la moitié de ces différends, soit 58,33 %, ont toutefois trouvé une issue favorable grâce aux procédures de conciliation.
Les litiges individuels restent également importants. Au total, 4 267 travailleurs ont été concernés par des procédures de règlement des différends. Parmi ces dossiers, 44,81 % ont abouti à une conciliation totale, 9,58 % à une conciliation partielle, tandis que 45,29 % se sont soldés par un échec.
Les procédures de médiation ont permis le versement de 993,8 millions de FCFA aux travailleurs dans le cadre des conciliations totales ou partielles. Les ruptures de contrats réglées à l’amiable ont, de leur côté, généré plus de 10,25 milliards de FCFA d’indemnités au bénéfice de 3 206 travailleurs, illustrant l’ampleur des litiges entre employeurs et salariés.
Présidant la cérémonie de présentation du rapport, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a reconnu l’existence d’un climat social « relativement tendu ». Selon lui, ces résultats montrent la nécessité d’accélérer les réformes visant à renforcer le dialogue social et à améliorer les conditions de travail. Il a également plaidé pour un renforcement des moyens humains, matériels et logistiques de l’Inspection du travail afin de rendre les contrôles plus fréquents et plus efficaces.
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