Le match d’ouverture du groupe I de cette Coupe du monde 2026 opposera le Sénégal à la France. Une affiche brûlante, aux allures de remake et de revanche pour les Français. Pour mémoire, lors de la Coupe du monde 2002 organisée en Corée du Sud et au Japon, les Lions du Sénégal avaient créé la sensation en battant les Bleus en ouverture du tournoi. Une équipe de France alors championne du monde en titre s’était inclinée face au Sénégal, vice-champion d’Afrique, sur un but de Pape Bouba Diop. Rest in peace, Gaïndé.
À l’époque, certains avaient parlé de tremblement de terre dans le monde du football, tant cette rencontre ressemblait à une opposition entre David et Goliath. Sous la direction d’Bruno Metsu, une talentueuse équipe du Sénégal avait signé une victoire retentissante le 31 mai 2002. Rest in peace, coach Metsu.
Il faut rappeler que lors de ce rapport de force, le coach Metsu avait su mettre en place une tactique efficace avec onze joueurs qui avaient tenu tout le match sans être remplacés. Onze “Gaïndés”. Une équipe sénégalaise certes très disciplinée défensivement, mais qui avait démontré qu’un match se joue avec des joueurs et se gagne avec des hommes, de véritables combattants. La majorité évoluait alors dans le championnat français, tandis que de nombreux joueurs français jouaient à l’étranger. Le Sénégal avait battu la France, certes sans Zinedine Zidane, mais face à une ossature des Bleus double championne du monde en 1998 et championne d’Europe en 2000.
Autre époque, autre contexte. Les Lions, qui n’avaient nourri aucun complexe face aux Bleus en 2002, sont aujourd’hui considérés parmi les favoris de cette Coupe du monde. Depuis cette épopée, beaucoup de choses ont évolué. Le Sénégal est désormais double champion d’Afrique et disputera son quatrième Mondial, dont trois consécutifs.
Les Lions ont pris de l’expérience, sans pour autant perdre leur ambition. Portée par Sadio Mané, l’équipe sénégalaise reste animée par une forte soif de consécration. Le meneur et leader charismatique sera accompagné de joueurs talentueux et expérimentés, encadrés par des cadres comme Édouard Mendy, Idrissa Gana Gueye, Kalidou Koulibaly ou encore Krépin Diatta.
Un groupe de qualité, mêlant talent, travail et expérience, dont plusieurs joueurs ont remporté des titres en club dans différents championnats européens, et même au niveau international. Certains auraient pu évoluer dans n’importe quelle grande sélection, y compris la France. D’ailleurs, Kalidou Koulibaly avait déjà été évoqué un temps comme potentiel international français.
Le Sénégal évolue aujourd’hui dans la même catégorie que les grandes nations, au regard de la qualité de son effectif. En face, la France dispose également d’une équipe redoutable, notamment offensivement, et reste une référence mondiale.
Mais une équipe ne se résume pas uniquement au talent : elle dépend aussi d’un projet de jeu et d’une organisation collective. Le Sénégal, sous la direction de Pape Thiaw, continue de proposer des schémas tactiques solides et cohérents.
Ce sera donc un match de très haut niveau, entre deux nations qui se respectent autant qu’elles se défient. Une opposition entre “frères-adversaires”, où chaque détail comptera.
La France voudra prendre sa revanche. Le Sénégal cherchera à rééditer l’exploit.
Chaque équipe a ses forces. Mais croire uniquement en ses forces peut parfois devenir une faiblesse.
Il faudra surtout être intelligent. Très intelligent.
Abdoulaye Diallo, supporter des Lions








