Des combats ont éclaté ce samedi 25 avril 2026 dans la capitale malienne ainsi que dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, opposant les forces armées à des groupes qualifiés de « terroristes » par l’armée, selon l’AFP. Dans un communiqué officiel, celle-ci indique que des assaillants non identifiés ont pris pour cible, dès les premières heures de la journée, des points stratégiques et des casernes militaires à Bamako et en province.
À la mi-journée, la situation restait particulièrement tendue dans la capitale. Des hélicoptères de l’armée survolaient toujours certains quartiers, notamment aux abords de l’aéroport, où des frappes ont été menées. Les rues de Bamako sont restées désertes, tandis que des détonations retentissaient de manière intermittente depuis le matin. Des tirs nourris ont été signalés du côté de la base 101 de Sénou, une zone stratégique qui abrite également l’aéroport.
Ces événements interviennent dans un contexte sécuritaire déjà fragile. En septembre 2024, une double attaque d’envergure revendiquée par des jihadistes avait visé l’aéroport militaire de Bamako et une école de gendarmerie, causant de lourdes pertes humaines.
Sur le terrain, les affrontements impliqueraient à la fois des groupes jihadistes et des combattants du Front de Libération de l’Azawad. Ces derniers affirment avoir pris le contrôle de Kidal, une ville stratégique du nord du pays, jusque-là occupée par l’armée malienne et ses alliés. Cette revendication n’a toutefois pas pu être confirmée de manière indépendante.
Dans la ville de Kati, proche de Bamako et abritant notamment la résidence du chef de la junte, des tirs intenses ont également été entendus. Des habitants décrivent une situation chaotique, évoquant des combats autour du camp militaire et dans certains quartiers, où les assaillants auraient pénétré et encerclé des positions militaires. Des frappes aériennes auraient également été ressenties jusque dans les habitations.
Des incertitudes persistent quant à la situation de plusieurs hauts responsables. La résidence du ministre de la Défense a notamment été touchée par une explosion importante ayant causé d’importants dégâts. Malgré des rumeurs faisant état de blessures, son entourage affirme qu’il est sain et sauf, précisant qu’il ne se trouvait pas sur place au moment des faits.
Des tirs ont également été signalés dans d’autres villes du pays, notamment à Gao et à Sévaré, illustrant l’ampleur de cette offensive coordonnée. Face à la dégradation de la situation, certaines représentations diplomatiques et organisations internationales ont appelé leur personnel à limiter leurs déplacements et à rester à domicile.
Le Mali, dirigé par une junte militaire depuis les coups d’État de 2020 et 2021, reste confronté à une crise sécuritaire majeure. Depuis 2012, le pays est le théâtre de violences persistantes impliquant des groupes jihadistes, des milices communautaires et des mouvements indépendantistes, dans un contexte de fragilité politique et institutionnelle.
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