Le Mouvement national des enseignants patriotes (MONEP), à travers sa commission scientifique départementale dirigée par Moussa Mané, a organisé un forum sur l’éducation à Ziguinchor afin d’analyser la baisse préoccupante des performances scolaires, notamment au baccalauréat. La rencontre, qui s’est tenue avec la participation des autorités administratives, académiques et des collectivités territoriales, vise à poser un diagnostic approfondi du système éducatif local et à dégager des solutions concrètes.
Selon Moussa Mané, cette initiative est née d’un constat partagé par les acteurs du secteur éducatif. « Nous avons observé une baisse drastique des résultats scolaires à Ziguinchor, en particulier au niveau du baccalauréat, alors que les performances restent satisfaisantes à l’entrée en sixième et au BFEM », a-t-il expliqué. Ce paradoxe a conduit le MONEP à réunir les différents intervenants pour réfléchir collectivement aux causes de cette situation et proposer des perspectives de redressement.
Le forum a ainsi rassemblé un large éventail d’acteurs, notamment des maires, des chefs d’établissement, des inspecteurs, des enseignants ainsi que des représentants des gouvernements scolaires. Des intellectuels ayant marqué le système éducatif sénégalais ont également été invités à enrichir les échanges. L’objectif est de dépasser les constats pour déboucher sur des recommandations concrètes qui seront consignées dans un document scientifique destiné aux autorités étatiques et territoriales.
Intervenant en tant que panéliste, l’inspecteur de l’éducation à la retraite Alfousseyni Gassama a souligné le caractère préoccupant et récurrent de cette baisse des résultats. Il a rappelé que, depuis près d’une décennie, l’Académie de Ziguinchor enregistre des performances en dents de scie, avec des résultats solides dans l’enseignement de base, notamment au certificat d’études élémentaires et au BFEM, où la région se classe régulièrement parmi les meilleures avec des taux de réussite oscillant entre 70 % et 88 %.
En revanche, les résultats au baccalauréat restent faibles, rarement au-dessus de 48 %, avec une seule exception récente avoisinant les 51 %. « Ce décalage pose un véritable problème qui ne saurait être expliqué uniquement par la crise casamançaise. Il s’agit d’un phénomène structurel qui doit être analysé sous toutes ses facettes », a-t-il insisté.
Pour Alfousseyni Gassama, il est désormais impératif de passer de la réflexion théorique à l’action concrète. Il appelle les acteurs du système éducatif à s’interroger sur leurs propres responsabilités, tout en identifiant les besoins en accompagnement de l’État et des partenaires. Il a également mis en avant le paradoxe entre les investissements importants réalisés dans la région et les résultats jugés insuffisants, soulignant qu’un taux de réussite de 34 % au baccalauréat signifie que six élèves sur dix échouent.
Le forum se veut ainsi un cadre de remise en question collective et d’élaboration de stratégies adaptées pour améliorer durablement les performances scolaires. Les organisateurs espèrent que les conclusions issues des travaux permettront d’impulser des changements significatifs et urgents dans le système éducatif de Ziguinchor.
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