La région de Ziguinchor accueille une réunion conjointe de planification des patrouilles transfrontalières entre les forces de défense et de sécurité du Sénégal et de la Guinée-Bissau. Cette rencontre vise à renforcer la coopération sécuritaire et à améliorer la coordination entre les différents services intervenant le long de la frontière commune.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine, a salué la présence de la délégation bissau-guinéenne et insisté sur les liens entre les populations des deux pays. « La frontière ne doit plus être perçue uniquement comme une ligne de séparation entre deux pays. Elle constitue un espace de vie, de rencontre, d’échanges et de brassage entre des populations qui entretiennent depuis fort longtemps des liens familiaux, culturels et économiques », a-t-il déclaré.
Pour le gouverneur, la sécurisation de cet espace constitue une responsabilité partagée. « Les menaces ne connaissent pas les frontières », a-t-il rappelé, estimant que la coopération entre les forces des deux pays doit permettre de mieux anticiper les risques, renforcer la surveillance et apporter des réponses coordonnées à la criminalité transfrontalière.
La rencontre devra notamment permettre d’identifier les principales menaces, de déterminer les zones prioritaires et de définir les modalités pratiques des premières patrouilles conjointes. Mor Talla Tine a toutefois appelé à privilégier une approche intégrée de la sécurité frontalière.
« La sécurisation durable des frontières ne peut et ne saurait reposer uniquement sur les moyens de surveillance et d’intervention. Elle doit également s’appuyer sur la coopération avec les populations, le dialogue avec les autorités locales, la circulation de l’information et la coordination entre l’ensemble des services intervenant dans les espaces frontaliers », a-t-il souligné.
Il a également insisté sur la nécessité d’instaurer des mécanismes efficaces de liaison, d’échange d’informations et de partage du renseignement. « La réussite des futures patrouilles conjointes reposera largement sur la qualité de la coordination, de la communication et surtout de la confiance mutuelle entre les différents acteurs », a-t-il ajouté.
Le gouverneur a par ailleurs salué le travail accompli par les forces de défense et de sécurité dans les zones anciennement affectées par le conflit en Casamance. Selon lui, ces efforts ont permis à des populations de retourner dans leurs terroirs et d’y reprendre leurs activités. Il a rappelé, dans ce cadre, l’importance du plan Jomaye pour la Casamance.
Le colonel Cheikh Guèye, commandant de la zone militaire numéro 5, a pour sa part estimé que cette rencontre constitue une étape importante dans la coopération entre les deux pays. « Il ne s’agit pas simplement de planifier des activités communes. Il s’agit, surtout, de mettre en place un cadre de coopération opérationnelle durable, fondé sur la confiance, la concertation et la complémentarité entre les forces de défense et de sécurité de nos deux pays », a-t-il déclaré.
Il a cité parmi les objectifs des travaux l’élaboration d’un calendrier des patrouilles conjointes, la définition des modalités de coordination et la mise en place d’un mécanisme de liaison et d’échange d’informations.
Représentant l’état-major de l’armée de terre de la Guinée-Bissau, le colonel Pansau Intchama a expliqué que la délégation bissau-guinéenne est venue poursuivre les travaux engagés dans le cadre de la coopération bilatérale.
« Notre venue ici en République du Sénégal s’inscrit dans le cadre de la coopération technique bilatérale entre les deux États. L’objectif principal de notre venue est la planification conjointe des forces de défense et de sécurité », a-t-il indiqué.
Le colonel a rappelé que des patrouilles conjointes avaient déjà été menées en 2021. « Ces patrouilles conjointes (…) avaient été menées avec nos voisins du Sénégal, ce qui s’était conclu par un grand succès », a-t-il déclaré, précisant que l’objectif était notamment d’empêcher que les zones frontalières servent de refuge à des éléments armés.
Les travaux doivent désormais déboucher sur des engagements précis concernant le calendrier, la conduite et le suivi des futures patrouilles. Pour Mor Talla Tine, l’ambition est claire : « faire de la frontière bissau-guinéenne un espace sécurisé, apaisé et propice au bien-être des populations qui y vivent ».
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