La tension reste vive dans la filière anacarde dans le sud du Sénégal, marquée par une nouvelle journée de mobilisation des opérateurs économiques à Ziguinchor. Après une altercation signalée avec des agents des douanes la veille, les acteurs de la filière se sont rassemblés en grand nombre ce matin pour occuper les abords de la gouvernance de la région.
Les opérateurs, qui souhaitaient être reçus par le gouverneur afin de lui exposer la situation, affirment ne pas avoir pu rencontrer le chef de l’exécutif régional. Ils dénoncent une situation de blocage liée, selon eux, à l’application d’une double taxation sur la noix de cajou, combinant des taxes à l’import et à l’export.
Selon Demba Diémé, président du cadre de concertation des acteurs de la filière anacarde de Ziguinchor, cette fiscalité représente environ 42 000 francs CFA par tonne, soit 32 000 francs à l’export et 10 000 francs à l’import. Il estime que cette mesure est « anormale » et appelle à sa révision, affirmant que les opérateurs ont décidé de ne supporter que la taxe à l’export, jugée plus soutenable pour l’État.
Les acteurs de la filière affirment que l’activité est totalement paralysée depuis plusieurs jours et demandent une intervention des autorités pour débloquer la situation. Ils réclament également le départ du directeur régional des Douanes du Sud, qu’ils accusent d’être à l’origine des tensions récurrentes dans la filière.
Dans leurs déclarations, ils annoncent la suspension des opérations d’exportation de noix de cajou dans la région tant que leurs revendications ne seront pas prises en compte, appelant les compagnies maritimes et exportateurs à cesser toute activité liée au produit.
Les opérateurs dénoncent par ailleurs une inégalité de traitement fiscal entre la Casamance et le reste du pays, estimant que la filière locale est injustement pénalisée. Ils appellent enfin le président de la République à intervenir rapidement, alors que la situation continue d’impacter l’activité économique et l’emploi de milliers de jeunes et de femmes dans la région.
Vidéo : réaction de Demba Diémé, président du CROFAZ
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