L’Amicale des Administrateurs Civils du Sénégal (AACS) organise, les 27 et 28 mars 2026 à Dakar, un forum sous-régional d’envergure. Sous le thème des enjeux et réformes de l’administration publique, cette rencontre réunit des experts de la CEDEAO pour dessiner les contours d’une action publique plus résiliente et modernisée.
Un diagnostic sans complaisance
Pour Cheikh Saadou Diop, président de l’AACS, l’objectif est clair : dresser un état des lieux rigoureux de l’administration dans la zone CEDEAO afin d’améliorer les niveaux de performance. « Il s’agit de rendre nos administrations plus résilientes face à un contexte de mutations marqué par des remises en cause et des menaces diverses », a-t-il déclaré lors de l’ouverture.
Soutenu par le Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko, ce forum aborde des thématiques majeures telles que :
• La gouvernance publique et les réformes administratives.
• La gestion des finances publiques.
• La transformation numérique et la territorialisation des politiques.
• Les enjeux sécuritaires impactant les structures étatiques.
Le défi de la digitalisation et de la redevabilité
Au cœur des échanges, la modernisation de l’administration sénégalaise occupe une place prépondérante. Selon M. Diop, l’administration est dans une phase de transition vers des « budgets-programmes » où l’usager, de plus en plus exigeant, réclame plus de transparence et de redevabilité.
La digitalisation est présentée comme le levier indispensable pour réussir cette mutation. L’AACS mise sur le partage des bonnes pratiques avec les 16 États de la CEDEAO pour ne pas « rater le train de la digitalisation », outil essentiel pour renforcer l’efficacité de la dépense publique et l’accès aux services sociaux de base.
Vers un réseau ouest-africain des administrateurs civils
L’ambition de ce forum dépasse le simple cadre de la discussion. Les participants travaillent sur la « Déclaration de Dakar » qui pourrait acter la création d’un cadre fédérateur : un réseau des administrateurs civils de la sous-région. Ce futur organisme viserait à mutualiser les efforts de formation et à consolider les institutions étatiques face aux risques de désintégration.
En s’appuyant sur les réformes majeures de l’UEMOA et de la CEDEAO, Dakar réaffirme ainsi son rôle de laboratoire d’idées pour une administration africaine au service exclusif du citoyen.
Emilia Ndiaye, stagiaire








