L’intersyndicale SAS-SAMES de la Sénégalaise Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (SEN-PNA) a tiré la sonnette d’alarme, ce mardi, sur la situation financière et organisationnelle de l’établissement. Face à une dette de l’État qui dépasse désormais les 28 milliards de FCFA, les représentants des travailleurs redoutent de graves perturbations dans l’approvisionnement du pays en médicaments et produits de santé essentiels.
S’exprimant lors d’un point de presse, le secrétaire général de l’intersyndicale, le Dr Ibrahima Ba, a révélé que les créances dues par l’État à la SEN-PNA s’élèvent à 28 364 471 079 FCFA, contre près de 25 milliards de FCFA à la même période en 2025. Selon lui, cette progression est principalement liée au sous-financement de plusieurs programmes nationaux de santé et aux retards dans le remboursement des crédits budgétaires.
Le programme national de dialyse représente la plus grande part de cette dette, avec des créances estimées à 15 056 095 301 FCFA. Une situation qui, selon les syndicalistes, fragilise considérablement la trésorerie de l’établissement, limite sa capacité à renouveler ses stocks, complique le règlement des fournisseurs et freine les investissements nécessaires à son fonctionnement.
L’intersyndicale affirme que les conséquences se font déjà sentir. Plusieurs fournisseurs auraient suspendu leurs livraisons en raison des retards de paiement, faisant craindre des ruptures de stocks de médicaments et de produits de santé essentiels, avec un impact potentiel sur la prise en charge des patients à travers le pays.
Les responsables syndicaux dénoncent également des difficultés liées à la gestion des ressources humaines. Ils évoquent des recrutements qu’ils jugent déconnectés des besoins réels de l’établissement et qu’ils qualifient de « clientélistes », estimant qu’ils ont contribué à alourdir la masse salariale et à accentuer les tensions financières.
Pour redresser la situation, le SAS-SAMES demande la réalisation d’un audit des ressources humaines afin d’optimiser la gestion des effectifs. Il recommande également que les futurs recrutements reposent exclusivement sur des critères de compétence, de mérite, de transparence et de nécessité.
L’intersyndicale exhorte par ailleurs les autorités à apurer sans délai les créances dues à la SEN-PNA. Elle plaide pour la mise en place d’un mécanisme pérenne de financement des programmes nationaux de santé et réclame l’inscription directe des crédits budgétaires destinés au programme national de dialyse au profit de l’établissement.
Les syndicalistes demandent également la réintégration des travailleurs de la SR-PRA de Dakar qu’ils estiment avoir été affectés de manière injustifiée, ainsi que l’ouverture d’un cadre permanent de concertation avec les autorités.
« Sauver la SEN-PNA, c’est préserver la souveraineté sanitaire du Sénégal, garantir le droit à la santé des populations et protéger un outil stratégique au service de la Nation », a déclaré le Dr Ibrahima Ba, réaffirmant l’appel de l’intersyndicale à des mesures urgentes pour assurer la pérennité de l’établissement.
Emedia avec MadameSanté.sn






