Dans le cadre du lancement de la campagne nationale de reboisement, l’Inspection régionale des Eaux et Forêts de Kédougou a organisé une vaste opération d’enrichissement de la réserve naturelle communautaire de Dindéfélo. Sous la conduite du commandant Dahirou Diallo, cette initiative a mobilisé élèves, jeunes et partenaires autour de la restauration des écosystèmes et de la protection de la biodiversité.
Environ 600 plants, composés notamment d’anacardiers, de tamariniers, de baobabs et de khayas du Sénégal (Khaya senegalensis), ont été mis en terre au cœur de la réserve. Cette opération s’inscrit dans un programme d’aménagement qui prévoit, à terme, la restauration de 100 hectares sur trois ans. Un premier volet de 30 hectares a déjà été réalisé cette année.
Au-delà de la plantation d’arbres, les services des Eaux et Forêts ont fait de cette activité un moment d’éducation et de sensibilisation environnementale. Une quarantaine d’élèves de la localité ont pris part aux travaux et reçu des notions sur les techniques de reboisement, ainsi que sur les principaux facteurs de dégradation de l’environnement.
« C’est la frange de la population qui représente l’avenir de demain. Nous avons pensé les regrouper autour d’une thématique et les conscientiser sur les enjeux liés aux facteurs de dégradation », a expliqué le commandant Dahirou Diallo.
Le choix de la réserve de Dindéfélo n’est pas fortuit. Le site constitue l’un des derniers sanctuaires de chimpanzés au Sénégal et abrite une biodiversité particulièrement riche. Il reste toutefois exposé à plusieurs menaces, notamment les coupes illégales de bois, les feux de brousse et les effets du changement climatique.
« Dindéfélo est un site très sensible, un sanctuaire de chimpanzés aujourd’hui menacé. Il urge de mener des activités d’envergure sur ce site pour assurer la restauration et l’enrichissement du milieu », a souligné le commandant Dahirou Diallo.
La restauration du couvert végétal doit ainsi contribuer à renforcer l’habitat naturel des chimpanzés et à préserver les ressources nécessaires à leur alimentation et à leur reproduction. Elle participe également à la sauvegarde plus globale des écosystèmes de la région de Kédougou.
L’activité a été menée en partenariat avec la Fondation Endeavour, l’association des Sentinelles de l’éveil environnemental et la structure L’Arbre à Palabre. Elle vient clôturer une série d’actions de sensibilisation et de reboisement engagées depuis la fin du mois de juillet.
Pour les organisateurs, la réussite de cette campagne dépendra toutefois du suivi des plants après leur mise en terre. « Rien ne sert de planter et de laisser en rade. Il faut planter, mais aussi suivre ce qu’on a planté pour que cela puisse avoir un effet », a rappelé le commandant Dahirou Diallo.
Il a, dans ce sens, appelé les populations locales, les groupements féminins et les associations de jeunes à s’impliquer davantage dans l’entretien et le suivi des arbres plantés. Une mobilisation qui, selon les acteurs, est indispensable pour assurer la survie des plants et transformer progressivement ces espaces restaurés en une forêt durable au bénéfice des générations futures.
Ibrahima Sorry Kalloga, Emedia Kédougou







