Face à la presse ce mardi 18 août 2026, la coalition Kiiraay, représentée par le Dr Aminata Touré, a vivement recadré l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Au centre de cette sortie médiatique : la transparence dans la gestion publique, la déclaration de patrimoine, la révision constitutionnelle et la gestion du « Compte Jaam », destiné au processus de paix en Casamance.
Revenant sur les récents débats parlementaires autour de la déclaration de patrimoine, Aminata Touré a rappelé que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est déjà soumis à cet exercice auprès du Conseil constitutionnel, rendant ainsi son patrimoine accessible aux citoyens. Selon elle, l’exécutif est également allé plus loin en intégrant le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale dans le dispositif proposé, alors que ces deux fonctions n’étaient pas initialement concernées par la proposition des députés.
La coalition Kiiraay soutient également la proposition de faire de la déclaration de patrimoine une condition obligatoire pour toute candidature à l’élection présidentielle. Pour Aminata Touré, l’objectif est de consolider les réformes envisagées et d’éviter des modifications constitutionnelles répétées. L’arbitrage final devrait, selon elle, revenir au peuple à travers un référendum.
La conférence de presse a également porté sur la gestion du « Compte Jaam », consacré à la paix en Casamance. Aminata Touré a dénoncé ce qu’elle considère comme une contradiction dans le discours d’Ousmane Sonko sur les fonds spéciaux du président de la République. Elle lui reproche notamment d’avoir lui-même bénéficié de ces fonds lorsqu’il était Premier ministre, tout en les critiquant aujourd’hui.
L’ancienne Première ministre s’est surtout attardée sur l’utilisation du fonds Jaam. Elle affirme qu’Ousmane Sonko aurait reconnu avoir puisé dans ce compte pour financer l’acquisition de véhicules ainsi que la réfection de bâtiments. Une utilisation que la responsable de Kiiraay qualifie de « détournement d’objectif ». Elle a, dans le même temps, évoqué la situation des engins de déminage offerts au Sénégal par la coopération japonaise, qui seraient toujours immobilisés à Ziguinchor faute de moyens logistiques suffisants pour leur déplacement.
Interrogée par ailleurs sur les accusations visant sa gestion passée du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Aminata Touré s’est dite sereine. Elle a rappelé son opposition aux procédures engagées sous l’ancien régime de Macky Sall et affirmé n’avoir jamais été confrontée, selon elle, à des preuves tangibles de malversations.
La responsable politique assure désormais attendre les conclusions de la justice, tout en promettant de répondre aux accusations qui la concernent. Elle estime que Kiiraay ne laissera plus passer ce qu’elle considère comme de la « désinformation » ou des tentatives de créer des crises institutionnelles artificielles. La coalition entend ainsi répondre, point par point, aux déclarations et initiatives qu’elle juge susceptibles d’induire l’opinion publique en erreur.
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