Le Dr Ibrahima Badji, coordinateur de Kiiray en Gambie et membre du Pacte Africain, s’est exprimé sur la tournée effectuée à Ziguinchor par le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé. Invité à accompagner le ministre dans cette mission d’explication auprès des autorités religieuses, coutumières et des populations, il estime que la tournée a été « fructueuse » et marquée par une forte mobilisation.
Selon lui, la mission confiée au ministre par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, visait notamment à aller à la rencontre des populations et à leur expliquer la situation politique du pays. « Le ministre des Forces armées a eu à rencontrer beaucoup de personnalités religieuses, notamment l’imam ratib de Bignona, les imams de Ziguinchor, l’imam ratib d’Oussouye, le roi Sibiloume Diédhiou et les chefs religieux de tout le département de Bignona », a-t-il expliqué.
Le responsable de Kiiray assure que l’accueil réservé au ministre a largement dépassé les attentes. Il évoque une forte mobilisation des jeunes, des femmes, des anciens et des sages, ainsi qu’un « grand engouement » des populations. « Les populations ont été satisfaites de recevoir le ministre, qui est un fils du terroir », a-t-il déclaré, estimant que cette mobilisation démontre une adhésion à la vision portée par le chef de l’État.
Ibrahima Badji affirme également que les échanges ont porté sur les fonds politiques, un sujet qui fait l’objet de nombreuses controverses au Sénégal. D’après lui, Yankhoba Diémé a pris le temps d’expliquer aux autorités religieuses et coutumières les enjeux liés à ces fonds. « Il y a eu beaucoup d’intoxication, de désinformation concernant ce fonds, mais il a expliqué avec beaucoup de pédagogie », a-t-il soutenu.
Pour le coordinateur de Kiiray en Gambie, la mobilisation observée à Ziguinchor est d’autant plus significative qu’elle serait intervenue sans préparation particulière. Il rappelle que le ministre avait initialement prévu de se rendre en Casamance après l’hivernage. « La mission est arrivée, il est venu, on a vu spontanément que les populations sont contentes et les populations ont largement adhéré », a-t-il affirmé.
Revenant sur son ralliement à Kiiray, le Dr Ibrahima Badji explique avoir fait le choix de rejoindre le mouvement avec le Pacte Africain, dont il était issu. Il assure que cette décision n’est pas motivée par des considérations personnelles, mais par un discours qu’il juge « patriotique », « responsable » et « républicain ».
« Ce n’est pas pour les beaux yeux du président que je suis venu », a-t-il lancé, avant d’expliquer que le discours tenu par les responsables de Kiiray correspondait aux valeurs défendues par le Pacte Africain. « La devise du Pacte Africain, c’est construire les institutions de la République, dans la paix et la sérénité », a-t-il rappelé.
Il insiste également sur la nécessité de préserver l’unité nationale et les valeurs sénégalaises. « Le Sénégal que nous voulons et que nous aimons n’est pas et ne sera jamais une mosaïque de communautés juxtaposées », a-t-il déclaré, citant le « ngor », le « jom », le « fouleu » et le « fayda » parmi les valeurs fondatrices du pays.
Dans son argumentaire, Ibrahima Badji met en avant la tradition sénégalaise du dialogue et le rôle des autorités religieuses dans la préservation de la paix sociale. Il estime que les crises politiques traversées par le Sénégal ont pu être dépassées grâce à cette culture du dialogue.
Abordant de nouveau la question des fonds politiques, il rappelle que le mécanisme a existé sous plusieurs présidents, de Léopold Sédar Senghor à Macky Sall. « Senghor les a laissés là, Abdou Diouf les a laissés là, Abdoulaye Wade les a laissés là, Macky Sall les a laissés là. Ce n’est pas pour rien », a-t-il soutenu.
Selon lui, ces ressources répondent à certaines réalités du pays, notamment au soutien apporté aux familles religieuses et aux personnes en difficulté. Il estime que les autorités religieuses contribuent, à leur manière, à la consolidation de la paix et de l’unité nationale. « Nous sommes un pays de teranga et de partage », a-t-il fait valoir.
Le responsable de Kiiray a par ailleurs dénoncé ce qu’il qualifie de « manipulation » et de « désinformation » dans le débat politique. Il s’en est notamment pris à un responsable politique qui aurait affirmé sur les réseaux sociaux que le ministre des Forces armées avait été hué à Bignona. Une affirmation qu’il juge « archi-fausse », soulignant que Yankhoba Diémé ne s’était pas encore rendu à Bignona au moment de la publication.
« Comment voulez-vous que des responsables qui disent délibérément des mensonges veuillent nous diriger demain ? », s’est-il interrogé.
Enfin, le Dr Ibrahima Badji a lancé un appel aux Sénégalais établis en Gambie et, plus largement, à ceux de la diaspora. Il entend mobiliser la communauté sénégalaise autour de Kiiray et travailler à l’élargissement du mouvement dans plusieurs pays.
« Nous allons investir les pays de la diaspora », a-t-il annoncé, évoquant une démarche visant à rencontrer les responsables des différents partis et mouvements ainsi que les jeunes Sénégalais établis à l’étranger. Son objectif affiché est de rassembler les forces autour de la construction nationale et de soutenir le président Bassirou Diomaye Faye.
À ses côtés, il a notamment cité Mamadou Mbaye, vice-coordinateur de la coordination de Gambie, Omar Gueye, membre du bureau de cette coordination, ainsi qu’Ibrahima Wane Almamy, venu de Brazzaville pour participer à la rencontre.
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