Le ministre des Forces armées, Yankoba Diémé, a rencontré à Ziguinchor les responsables de KIIRAAY de la Casamance, de la Gambie, de la Guinée-Bissau et de la diaspora, dans le cadre d’une réunion d’information et de recadrage. Face à des responsables déterminés à descendre à la base pour implanter et structurer le parti présidentiel dans les différentes localités de la région, le ministre a livré un long discours axé sur l’unité, la mobilisation, la massification et la structuration du mouvement politique.
Dès l’entame de son intervention, Yankoba Diémé a précisé qu’il souhaitait s’exprimer en deux temps, une première partie destinée à être relayée par la presse et une seconde consacrée aux échanges internes avec les responsables présents. Il a également tenu à saluer la présence du coordonnateur de PASTEF Congo-Brazzaville, venu prendre part à la rencontre, ainsi que celle de plusieurs responsables de la diaspora africaine qui, selon lui, souhaitent désormais travailler aux côtés du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye dans le cadre de KIIRAAY.
Très ému par les témoignages et les marques de soutien exprimés au cours de la rencontre, le ministre est revenu sur son parcours politique en Casamance. Il a rappelé qu’il avait dirigé PASTEF dans le Sud de 2018 à 2024, tout en choisissant de rester dans l’ombre afin de mettre en avant le projet et la figure d’Ousmane Sonko plutôt que sa propre personne.
« De 2018 à aujourd’hui, vous ne verrez personne se promener en Casamance avec un T-shirt portant ma photo », a-t-il souligné, estimant que son rôle avait toujours été de servir une cause collective plutôt que de construire une image personnelle.
Yankoba Diémé est également revenu sur les critiques dont il a fait l’objet après son choix de soutenir Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Il affirme avoir longtemps refusé de répondre aux accusations et aux attaques diffusées notamment sur les réseaux sociaux, considérant que « le temps des justifications et des explications » était révolu.
Il a toutefois estimé que le moment était venu d’apporter une dernière clarification. Revenant sur une rencontre qu’il avait eue avec des cadres de la Casamance au moment de son choix politique, il a expliqué que certains lui reprochaient d’avoir, en choisissant de soutenir Diomaye, contribué à empêcher la Casamance d’avoir son premier président de la République.
Le ministre a alors livré une réponse qu’il présente comme un raisonnement pédagogique. Si son choix devait être considéré comme une « trahison » parce qu’il aurait contribué à écarter un président originaire de la Casamance, il s’est demandé comment qualifier le fait que lui-même, pourtant aux côtés d’Ousmane Sonko, n’ait pas été choisi au moment de la désignation du candidat devant porter le projet présidentiel.
Face à cette interrogation, il a insisté sur le caractère divin et collectif du choix porté sur Bassirou Diomaye Diakhar Faye. « On a choisi celui qu’on devait choisir, et il a honoré ce choix : c’est le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye », a-t-il déclaré sous les acclamations de la salle.
Pour Yankoba Diémé, parler de « trahison » à propos de son choix relève donc d’une lecture erronée de la situation. Il assure que le choix de Bassirou Diomaye Faye était le meilleur et le plus juste, rappelant que ses anciens camarades eux-mêmes avaient reconnu ses qualités, son attachement au pays et sa capacité à travailler.
Le ministre a également insisté sur le fait que son engagement aux côtés du chef de l’État ne relève ni de la sympathie personnelle ni de la compassion. Selon lui, Bassirou Diomaye Faye représente « une chance pour le Sénégal » et dispose des qualités d’un bâtisseur dont le pays a besoin.
Évoquant ses relations avec Ousmane Sonko, Yankoba Diémé a affirmé qu’il continuait de considérer le président de l’Assemblée nationale comme son frère, malgré les divergences politiques intervenues. « Frères un jour, frères pour toujours », a-t-il déclaré, appelant à dépasser les querelles pour privilégier l’intérêt du Sénégal.
Dans la même dynamique, il a appelé les responsables politiques et administratifs proches du président Diomaye à rester soudés. Il a notamment cité les ministres originaires de la zone Sud, les directeurs généraux, les présidents de conseils d’administration et l’ensemble des responsables qui soutiennent le chef de l’État.
« Nous ne pouvons pas vous demander ici d’être unis alors que nous, au gouvernement, nous ne le serions pas », a-t-il martelé, assurant que les membres du gouvernement et les responsables proches du président devront cheminer ensemble dans un même effort.
Le ministre a par ailleurs rendu hommage à plusieurs responsables de la région, notamment à Djireye Clotilde Coly, qu’il a présentée comme une personnalité « redoutablement efficace », mais parfois politiquement discrète. Il a salué son implication dans l’organisation des navétanes à Bignona et son initiative visant à solliciter un soutien pour réduire les charges de sécurité auxquelles étaient confrontés les jeunes participants.
Yankoba Diémé a également évoqué le ministre de la Fonction publique, qu’il présente comme un frère originaire de Kolda et ancien syndicaliste engagé dans le dialogue social.
Au-delà des questions politiques, l’essentiel de son message à Ziguinchor a porté sur la nécessité de transformer la mobilisation populaire en véritable implantation politique. Pour lui, trois notions doivent guider le travail de KIIRAAY : la mobilisation, la structuration et la massification.
Prenant l’exemple de l’accueil populaire qui lui a été réservé à son arrivée à l’aéroport de Ziguinchor, il a estimé que cette forte présence constituait une démonstration de mobilisation. Mais, selon lui, la mobilisation seule ne suffit pas à construire un parti durable.
« On peut mobiliser sans pour autant massifier », a-t-il expliqué, soulignant qu’un rassemblement ponctuel ne garantit ni l’engagement durable des militants ni l’existence d’une organisation structurée.
Pour le ministre, la véritable massification passe par l’affiliation au parti, l’engagement des militants et la création de liens solides entre les responsables, les militants et la formation politique. Cette dynamique doit, selon lui, être accompagnée d’une organisation rigoureuse et d’une méthode claire.
Yankoba Diémé estime ainsi que KIIRAAY doit fournir à ses responsables les outils nécessaires à son implantation. Il cite notamment les statuts, le règlement intérieur et le manifeste du parti, qui doivent permettre aux militants de comprendre le cadre, les règles et la philosophie de la formation politique.
Il a annoncé à ce propos que le président de la République, également présenté comme le président de KIIRAAY, aurait consacré une partie de ses vacances à travailler sur la structuration du parti. Selon Yankoba Diémé, Bassirou Diomaye Faye aurait notamment tiré les leçons de son expérience au sein de son ancienne formation politique afin d’éviter les dérives qu’il qualifie de « messianiques ».
Le chef de l’État aurait ainsi travaillé avec différents experts à l’élaboration des futurs textes et outils de fonctionnement du parti. Ces documents devront ensuite être validés avec les responsables du parti avant d’être mis à la disposition des militants.
Pour Yankoba Diémé, cette étape doit permettre à KIIRAAY de passer d’une dynamique essentiellement populaire à une véritable organisation politique implantée dans les territoires. L’objectif affiché à Ziguinchor est donc clair : transformer la mobilisation constatée sur le terrain en une base militante organisée, structurée et durable, capable d’accompagner l’action du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye dans toutes les localités de la Casamance et au-delà.
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