Réunie en visioconférence le samedi 22 août 2026, la Convergence pour la Défense des Droits (AARTU/C2D) a publié depuis Paris un communiqué au ton particulièrement offensif, dans lequel elle dresse son bilan de la situation politique, économique et sociale du Sénégal et fixe ses orientations pour la période 2026-2027.
La plateforme d’opposition s’en prend frontalement à la gestion du régime en place, ciblant notamment l’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale, ainsi que les formations politiques PASTEF et KIIRAY.
Dans son réquisitoire, AARTU/C2D passe au crible la gestion des finances publiques et l’état des libertés au Sénégal. L’organisation dénonce notamment le prélèvement de 5 milliards de francs CFA au ministère de la Famille pour l’indemnisation de personnes présentées comme des martyrs, alors qu’aucun procès préalable n’aurait, selon elle, établi les responsabilités. Elle évoque également le dossier de l’ASER, l’octroi de 1,7 milliard de francs CFA de fonds politiques à la Primature ainsi que l’utilisation de ressources destinées à la Casamance pour l’acquisition de véhicules.
Sur le terrain institutionnel, la plateforme critique ce qu’elle qualifie de détentions arbitraires et dénonce le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Pour AARTU/C2D, ces différentes situations traduisent une dégradation préoccupante de l’État de droit et des libertés publiques.
Le regroupement d’opposition se montre également alarmé par la situation économique et sociale du pays. Il met en avant la dégradation des conditions de vie des populations, le chômage des jeunes et les difficultés auxquelles sont confrontées les populations rurales dans un contexte d’hivernage jugé déficitaire.
Selon AARTU/C2D, le pouvoir en place serait davantage préoccupé par une forme de précampagne électorale et par une communication populiste que par la recherche de réponses concrètes aux difficultés des Sénégalais.
La plateforme estime ainsi que les fondements de la République sont aujourd’hui menacés. Elle cite notamment, pour étayer son constat, la décision du Conseil constitutionnel déclarant irrecevable une proposition de loi visant à encadrer les fonds spéciaux.
Face à cette situation, AARTU/C2D lance un appel à la mobilisation de l’ensemble des forces susceptibles de s’opposer au régime. La plateforme invite la diaspora, la société civile et les différentes formations politiques à dépasser leurs divergences afin de constituer une « union sacrée » autour de la défense des intérêts de la République.
Cet appel intervient dans un contexte de recomposition de l’opposition sénégalaise. Le texte de la plateforme s’inscrit dans une dynamique réunissant plusieurs figures politiques de premier plan, parmi lesquelles Macky Sall de l’APR, Karim Wade du PDS, Amadou Ba de Nouvelle Responsabilité, Idrissa Seck de Reew Mi, Barthélémy Dias de Sénégal bi nu Bokk, Thierno Alassane Sall de la République des Valeurs et Aïssata Tall Sall d’Osez l’Avenir.
À travers cette initiative, AARTU/C2D entend donc favoriser le rapprochement de ces différentes sensibilités politiques autour d’un front commun face au régime en place. L’objectif affiché est de créer une dynamique suffisamment large pour peser sur la vie politique nationale et défendre, selon ses responsables, les principes démocratiques, les libertés publiques et les intérêts des populations.
Le communiqué de Paris marque ainsi une nouvelle étape dans la volonté de plusieurs composantes de l’opposition de coordonner leurs actions. Reste désormais à savoir si les différentes figures citées par AARTU/C2D parviendront à transformer cet appel à l’unité en une véritable coalition politique structurée.
Emedia







