Une affaire pour le moins inhabituelle a suscité de nombreuses réactions au Cameroun ces derniers jours. Quatre journalistes ont été interpellés à Yaoundé, le 16 septembre 2026, alors qu’ils assuraient la couverture médiatique d’une cérémonie organisée au Palais des congrès, dans le cadre des Journées du Groupe de la Banque islamique de développement (BID). Leur interpellation était initialement liée à la disparition présumée des lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey.
Les journalistes concernés sont François Essomba, de Chine Afrique, Igor Gwet Bibey, d’Inform Plus, Solange Djuikam, d’Univers Info.net, et Pierre Mouchili, du Procès International. Selon plusieurs médias camerounais, ils ont été conduits dans un premier temps au commissariat du 10e arrondissement de Bastos, avant d’être transférés au Commissariat central n°1 de Yaoundé, où ils ont été placés en garde à vue.
Le dossier connaît toutefois un premier rebondissement dès le lendemain. Les lunettes recherchées sont retrouvées intactes à l’intérieur du véhicule personnel du ministre. La piste initiale d’un vol présumé impliquant les quatre journalistes perd alors de sa portée. Malgré cette découverte, leur garde à vue se poursuit.
La procédure aurait ensuite été réorientée vers une autre suspicion, celle d’une « intrusion non autorisée » dans une réunion tenue à huis clos au Palais des congrès. Présentés devant le procureur de la République près le Tribunal de première instance du Mfoundi le 18 septembre, les journalistes ne sont pas immédiatement libérés. Le parquet demande des investigations complémentaires.
Les quatre professionnels des médias passent ainsi plusieurs jours supplémentaires dans les locaux de la police. Leur maintien en garde à vue intervient alors même que les lunettes à l’origine de leur interpellation ont déjà été retrouvées.
Le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC) a dénoncé ce qu’il qualifie de détention « arbitraire et abusive », estimant que les motifs avancés reposaient essentiellement sur des soupçons. Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) a également réagi à l’affaire et appelé au respect des droits des journalistes.
Après cinq jours de garde à vue, François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ont finalement été remis en liberté le lundi 21 septembre 2026. Selon les informations disponibles, aucune charge n’a finalement été retenue contre eux et aucune infraction n’a été caractérisée à l’issue des investigations rapportées par les médias camerounais.
L’affaire aura ainsi connu deux principaux volets : le premier lié à la disparition présumée des lunettes du ministre, finalement retrouvées dans son véhicule, et le second portant sur une supposée intrusion dans une réunion à huis clos. La remise en liberté des quatre journalistes met fin, à ce stade, à leur détention, mais l’affaire continue de susciter des interrogations au sein de la profession médiatique au Cameroun.
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