À Balandine, dans la commune de Suelle, au cœur de l’aire marine protégée (AMP) Kassa-Blouf-Fogny, la restauration de la mangrove mobilise les communautés locales. Du 20 au 23 septembre 2026, l’Action Citoyenne pour le Climat et la Conservation (A3C), en partenariat avec l’Institut Africain de la Gouvernance (IAG), organise un camp communautaire consacré à la restauration des écosystèmes côtiers et au renforcement des capacités.
Placée sous le thème « Jeunesse, femmes et gouvernance locale au service de la résilience climatique des zones côtières de Casamance », l’initiative prévoit notamment la restauration de 10 hectares de mangrove. Environ 120 à 140 participants, parmi lesquels des jeunes, des femmes, des conseillers consultatifs des communes du département de Bignona et différents acteurs communautaires, prennent part aux activités.
Au-delà du reboisement, le programme comprend des sessions de formation, des échanges communautaires et des actions de sensibilisation sur le changement climatique, la gouvernance locale, les solutions fondées sur la nature et l’entrepreneuriat vert.
Pour Sadou Ba, directeur exécutif de l’A3C, cette campagne s’inscrit dans une démarche engagée depuis 2018. Il s’agit, selon lui, de la sixième campagne de restauration de mangrove menée par l’organisation dans le département de Bignona. « Il y a quelques années, tout était mangrove. Aujourd’hui, vous constatez que presque qu’il n’y a plus de mangrove », déplore-t-il.
La dégradation de cet écosystème a également des conséquences économiques pour les populations. La mangrove joue un rôle important dans la préservation des ressources halieutiques et dans la séquestration du carbone. Sa restauration pourrait favoriser, à terme, le retour de certaines espèces comme les poissons et les crevettes, mais aussi créer de meilleures conditions pour la reprise de certaines activités agricoles, notamment la riziculture.
Le maire de Suelle, Nfally Badji, voit dans cette initiative une réponse à une situation devenue préoccupante. Il rappelle que la pêche constituait autrefois une importante source de revenus pour les populations riveraines. Aujourd’hui, les prises ont fortement diminué. « Les quelques personnes qui s’adonnent à l’activité de la pêche peuvent aller toute une journée et revenir avec un petit panier de poissons », témoigne-t-il.
L’élu insiste toutefois sur l’importance du suivi après le repiquage. Pour lui, la pérennité du projet dépendra de la capacité des communautés, notamment des jeunes formés, à assurer l’entretien et la protection des plants.
Le programme « Coastal Futures », déployé dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest, accorde justement une place importante à la formation des jeunes. Fanta Camara, responsable du département Climat et Jeunesse de l’IAG, indique que le programme prévoit la formation de 1 000 jeunes au Sénégal autour de l’entrepreneuriat vert. L’objectif est de leur permettre de développer des activités économiques tout en participant à la protection de leur environnement.
À Balandine, cette approche associe donc restauration écologique et développement local. Pour les organisateurs, la préservation de la mangrove constitue également un enjeu social, notamment pour les femmes qui dépendent des ressources naturelles pour leurs activités et leurs revenus.
L’ambition affichée est de faire de la restauration des écosystèmes un levier de résilience climatique, mais aussi de créer de nouvelles opportunités économiques pour les communautés. À Balandine, les 10 hectares ciblés constituent ainsi une nouvelle étape dans les efforts engagés pour redonner vie à une mangrove fortement dégradée.
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