Les populations de Titine 2, dans la commune de Ndiaganiao, vivent toujours dans l’obscurité. Pour dénoncer cette situation qu’elles jugent incompréhensible, elles ont tenu, lundi dernier, un point de presse au cours duquel elles ont exigé l’électrification de leur village.
Situé à moins d’un kilomètre de Ndiaganiao, Titine 2 n’est toujours pas raccordé au réseau électrique. Une situation qui a fini par sortir les habitants de leur mutisme. Munis de lampes tempête, véritables vestiges d’une autre époque, hommes et femmes ont exprimé leur désarroi et leur colère face à ce qu’ils considèrent comme une injustice.
« Nous, populations de Titine 2, exigeons l’électrification de notre localité, qui est le troisième village le plus proche de Ndiaganiao, après Thiandène et Ndiaye Ndiaye, le village du président Diomaye. Nous estimons que la non-électrification de notre village est une injustice qui n’a que trop duré », a déclaré Nguéne Wally Diouf, devant des habitants dont certains brandissaient des lampes tempête datant de plusieurs décennies.
D’autres manifestants arboraient des brassards rouges et tenaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Titine 2 dans l’ombre », « Où se trouve Titine dans votre carte ? » ou encore « Titine, un village, deux réalités ».
« Nous ne pouvons pas comprendre que Titine 1 soit éclairé et que nous, à Titine 2, soyons laissés en rade, alors que les poteaux électriques sont à vingt mètres. Si Titine 2 ne fait pas partie de Ndiaganiao, qu’on nous le dise », a ajouté Nguéne Wally Diouf.
Le porte-parole des populations de Titine 2 a également évoqué les démarches entreprises par les habitants pour faire entendre leur revendication. « Nous avons voulu organiser une marche pacifique, mais nous nous sommes heurtés au refus de l’autorité administrative de nous l’autoriser. Jusqu’à ce que Titine 2 soit éclairé, nous ne cesserons de nous battre », a-t-il déclaré.
M. Diouf est allé plus loin en évoquant un éventuel boycott des prochaines échéances électorales si leurs revendications n’étaient pas satisfaites. « Et si nous n’avons pas gain de cause, nous allons boycotter aussi bien les élections locales que les législatives », a-t-il menacé.
Au-delà de l’électrification, les habitants de Titine 2 dénoncent également le manque d’eau, l’absence d’un terrain de football et le défaut d’un espace approprié pour tenir leurs réunions.
À travers cette mobilisation, les populations de Titine 2 entendent ainsi attirer l’attention des autorités sur leurs conditions de vie et réclamer des infrastructures qu’elles considèrent comme indispensables au développement de leur localité.
Aboubakry KANE









