À Mbour, la rentrée scolaire prend une dimension particulière pour les enfants dont les pères ont perdu la vie sur les routes de l’émigration irrégulière. Pour leur permettre de reprendre le chemin de l’école dans de meilleures conditions, des bonnes volontés, avec l’appui de la Délégation diocésaine des migrations (DDM), se sont mobilisées pour leur offrir des fournitures scolaires et prendre en charge leurs frais d’inscription.
Fidèle à son engagement, Aminata Boye, présidente du Collectif des victimes de l’émigration irrégulière du Sénégal (COVES), basé à Mbour, a une nouvelle fois organisé une opération de solidarité en faveur des enfants orphelins issus de familles durement frappées par le phénomène de l’émigration irrégulière.
Pour cette troisième édition, 40 enfants ont pu bénéficier de fournitures scolaires et d’un appui financier destiné à couvrir leurs frais d’inscription. Une aide rendue possible grâce à la mobilisation de donateurs et au soutien de la DDM.
« L’année dernière, nous avions réussi à obtenir des fournitures scolaires pour 80 enfants. Pour cette troisième édition, nous n’avons malheureusement pu prendre en charge que 40 enfants sur les 90 que nous devons équiper en matériel scolaire et accompagner pour leur inscription », a expliqué Aminata Boye.
La responsable du COVES se réjouit toutefois d’une nouveauté cette année : « Ces enfants ont également reçu des sacs scolaires. »
Aminata Boye a tenu à remercier l’ensemble des personnes qui ont répondu à son appel. « Je remercie tous ceux qui ont répondu à l’appel pour venir en aide à ces petits orphelins et leur permettre de bien entamer l’année scolaire. Les temps sont durs, mais nous en appelons encore aux bienfaiteurs pour nous aider à prendre en charge les 50 autres enfants », a-t-elle lancé.
Elle a également salué l’accompagnement de la Délégation diocésaine des migrations, qui contribue à cette action de solidarité.
Cette mobilisation revêt une dimension particulièrement personnelle pour Aminata Boye. Elle fait elle-même partie des nombreuses femmes de Mbour victimes de l’émigration irrégulière. Son fils aîné a péri en mer, comme de nombreux jeunes des quartiers de Tefess et du Golfe, durement touchés par cette tragédie.
Face à ces drames, elle a choisi de transformer sa douleur en engagement. Elle a ainsi contribué au regroupement des familles endeuillées au sein du Collectif des victimes de l’émigration irrégulière du Sénégal (COVES), une structure qui œuvre notamment pour l’accompagnement des familles victimes de ce phénomène.
Les bénéficiaires saluent son engagement. « Nous remercions du fond du cœur Aminata Boye pour toutes les actions qu’elle ne cesse de mener pour notre bien-être. C’est une femme très engagée et courageuse qui nous a appris à nous battre. Mais elle a besoin d’être soutenue », témoigne Adiara Guèye, membre du COVES.
Elle lance, à son tour, un appel aux autorités et aux populations de Mbour : « Nous demandons le soutien des autorités et de tous les Mbourois afin qu’Aminata Boye puisse poursuivre son combat et venir davantage en aide aux familles victimes de l’émigration irrégulière. »
À Mbour, cette initiative rappelle que derrière les chiffres et les drames de l’émigration irrégulière se trouvent des familles et surtout des enfants qui doivent continuer à vivre et à étudier malgré la disparition de leurs proches.
Aboubakry KANE









