En tournée dans les différentes régions du Sénégal pour rencontrer et informer les travailleurs à la base, les dix centrales syndicales durcissent le ton face à ce qu’elles considèrent comme une dégradation du dialogue social. À Ziguinchor, la Secrétaire générale nationale de l’UNSAS, Marie Yvette Keïta Diop, a réaffirmé leur détermination à défendre les droits des travailleurs et annoncé une grève générale de 72 heures les 21, 22 et 23 octobre.
Selon Marie Yvette Keïta Diop, cette tournée vise à expliquer aux travailleurs la situation sociale actuelle et à recueillir leurs préoccupations. Elle évoque notamment les licenciements, le non-respect de certains accords ainsi que l’adoption des nouveaux Code du travail et Code de la sécurité sociale, que les centrales syndicales disent n’avoir pas été suffisamment associées à l’élaboration.
« Il n’y a pas eu de concertation, on ne nous a pas invités à une consultation. Tout a été fait en catimini », a-t-elle dénoncé, estimant que les revendications portées par les organisations syndicales n’ont pas reçu de réponses satisfaisantes.
Pour la responsable syndicale, le dialogue social est aujourd’hui rompu. « Il n’y a plus de dialogue, il n’y a plus de consultation, les choses se font sur notre dos », a-t-elle déclaré, appelant à la restauration d’un véritable dialogue social tripartite entre l’État, les employeurs et les organisations syndicales.
Les centrales syndicales affirment toutefois que leur démarche ne vise pas à s’opposer à un gouvernement ou à un ministre en particulier. « Nous ne nous levons pas pour nous battre contre un gouvernement ni un quelconque ministre. Nous nous levons pour nous battre pour les travailleurs », a précisé Marie Yvette Keïta Diop.
Elle réclame notamment l’arrêt des licenciements, le respect des droits des travailleurs et le retour à des mécanismes de concertation permettant aux syndicats de participer aux discussions portant sur les questions qui concernent directement les travailleurs.
À Ziguinchor, la délégation syndicale affirme avoir rencontré une forte adhésion des travailleurs à ses revendications. « Ils adhèrent entièrement à tout ce que nous leur avons présenté aujourd’hui », a indiqué la Secrétaire générale nationale de l’UNSAS, qui assure que les centrales resteront mobilisées aux côtés des travailleurs.
Après une première grève générale de 24 heures, les dix centrales syndicales annoncent désormais un mouvement de 72 heures. Celui-ci est prévu les 21, 22 et 23 octobre et devrait concerner l’ensemble des secteurs à travers le Sénégal.
« Ça, nous ne le faisons pas pour meubler, mais c’est parce qu’il nous faut lutter », a déclaré Marie Yvette Keïta Diop. Elle a également assuré que les organisations syndicales étaient disposées à retourner à la table des négociations si un véritable dialogue était rétabli.
« Qu’on nous appelle à la table de négociation, qu’on discute », a-t-elle lancé, tout en réaffirmant la détermination des centrales à poursuivre leur mobilisation jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.
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