Après les effets d’annonce et les célébrations prématurées d’un accord avec le FMI en septembre dernier, le réveil est brutal. Ce que nous redoutions tous vient de se produire, sous la forme d’un spectacle affligeant à l’Assemblée nationale : le rejet pur et simple de la Loi de Finances Rectificative (LFR). Par ce vote inique, la majorité parlementaire vient de signer l’acte de décès d’un secteur privé national pourtant déjà agonisant.
Nous assistons, médusés, au triomphe de l’inconscience. Comment des députés, censés représenter les intérêts du peuple et veiller à la marche économique de la nation, peuvent-ils faire preuve d’une telle légèreté ? Ce vote n’est pas un acte politique grandiloquent ; c’est un caprice de politiciens immatures, incapables de mesurer la portée de leurs décisions et totalement déconnectés des réalités de l’entreprise.
Les conséquences de ce coup de force irresponsable sont immédiates et dramatiques pour le tissu économique sénégalais :
• Le coup de grâce pour les entreprises locales : En bloquant la LFR, ces députés gèlent instantanément le paiement de la dette intérieure. Des centaines de PME et PMI, qui attendaient désespérément que l’État honore ses créances pour survivre, se retrouvent asphyxiées. C’est une condamnation à mort pour notre tissu entrepreneurial.
• Une usine à fabriquer des chômeurs : Privé de liquidités, sans aucune visibilité, le secteur privé n’a plus d’autre choix que de couper dans ses effectifs. Ce blocage va se traduire par des faillites en cascade et des milliers de pères et mères de famille jetés au chômage. Voilà le résultat concret de cette posture dogmatique.
• La faillite de la signature du Sénégal : Quel signal envoyons-nous aux partenaires internationaux et aux bailleurs de fonds ? Celui d’un pays instable, incapable de valider ses propres engagements budgétaires. En détruisant la crédibilité financière du Sénégal, cette majorité parlementaire ferme la porte aux investissements et pousse les agences de notation à nous dégrader davantage.
Ce rejet de la LFR est la preuve par neuf que nous sommes entrés de plein fouet dans le « mandat des incertitudes ». Le pilotage à vue et les règlements de comptes politiciens ont remplacé la gouvernance économique. En sacrifiant l’économie nationale sur l’autel de leurs calculs de pouvoir, ces élus inconscients portent l’entière responsabilité du marasme qui s’annonce. Le réveil des travailleurs et des chefs d’entreprise sera terrible, et ils sauront s’en souvenir.
Je fustige le manque de maturité et le sens des responsabilités défaillant de ces députés, en martelant qu’ils ont définitivement rompu le pacte de confiance avec le peuple sénégalais.
En s’enfermant dans ce dogmatisme aveugle et destructeur, ces députés viennent de prouver qu’ils ne sont pas les serviteurs du peuple, mais les fossoyeurs de son avenir. Leur attitude irresponsable à l’Assemblée nationale est une trahison pure et simple des travailleurs, des entrepreneurs et de chaque Sénégalais qui se bat au quotidien pour survivre. Par ce vote de la honte, ils ont définitivement abdiqué leur légitimité et démontré leur totale immaturité politique. Un Parlement n’est pas un terrain de jeu pour politiciens en quête de sensationnel, c’est le cœur battant de la République. En sacrifiant l’économie nationale sur l’autel de leurs petits calculs, ces élus ont rompu le contrat de confiance qui les liait à la Nation. Le peuple sénégalais, souverain et meurtri, n’a plus rien à attendre de cette législature de l’amateurisme. Le temps du mirage est terminé, et l’histoire retiendra qu’ils ont été les artisans conscients de l’asphyxie de leur propre pays.
Que ces fossoyeurs de l’économie se le tiennent pour dit : le secteur privé national, acculé et asphyxié par leur irresponsabilité, ne leur fera aucun cadeau et saura leur présenter une facture politique et sociale salée face à cette trahison révoltante.
Birane yaya wane
Chef d’entreprise, Président du Conseil National des dirigeants d’entreprises du sénégal 🇸🇳 (INNOVATION -CROISSANCE) et du Groupe Secteur Privé et Développement (GSPD)









