Le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 constitue un précédent préoccupant et risque de compromettre la mise en œuvre de projets structurants indispensables au développement de notre pays, particulièrement dans la région de Ziguinchor.
Cette loi devait notamment permettre d’accélérer la relance économique de la région Sud à travers la concrétisation de plusieurs projets majeurs, attendus depuis longtemps en Casamance. Il s’agit notamment de la construction de l’hôpital de niveau 3 de Ziguinchor, de la réhabilitation du pont Émile Badiane, de la réalisation de la boucle du Fogny ainsi que de l’aménagement de l’axe Bignona–Diouloulou.
Le refus des députés de Ziguinchor de soutenir cette loi soulève de sérieuses interrogations quant à leur engagement en faveur des intérêts de la Casamance. Nos parlementaires doivent comprendre que le vote d’une loi de finances ne saurait être réduit à une simple bataille politique ou à un affrontement entre camps opposés. Ils ont, semble-t-il, préféré servir les intérêts et les ambitions d’un leader politique plutôt que ceux des populations qui les ont élus.
Ils doivent avant tout répondre aux préoccupations et aux aspirations des citoyens qu’ils représentent.
Guy Marius Sagna, Oulimata Sidibé, Alphonse Sambou, Jacqueline Sagna, Ousmane Sonko N°2 et Bakary Diédhiou doivent se rappeler qu’ils ont été élus à l’Assemblée nationale pour défendre dignement les intérêts des populations, et non pour faire prévaloir des considérations partisanes au détriment d’une région confrontée à d’importantes urgences économiques et sociales.
J’aurais souhaité les entendre réclamer un véritable PLAN SPÉCIAL CASAMANCE, plutôt que de s’opposer à la mise en œuvre de projets destinés à une région qui a été la seule du pays à subir un conflit armé durant ces quarante dernières années.
Un député a avant tout une responsabilité envers les citoyens qui lui ont accordé leur confiance. Son mandat doit être guidé par la défense de l’intérêt général et non par des calculs politiques ou électoralistes.
La Casamance ne doit pas être prise en otage par les rivalités politiques. Ziguinchor mérite mieux. Ses populations attendent des actes concrets, des responsabilités assumées et un engagement sans ambiguïté en faveur du développement de leur région.
La Casamance ne demande aucun privilège, elle réclame simplement la place qui lui revient dans les politiques publiques de développement.
IDRISSA BENJAMIN SANE
Responsable KIIRAY Ziguinchor







