
À Boffa Bayotte, dans la commune de Nyassia, l’esprit du Mandela Day a pris une dimension particulière. L’Académie des Leaders Ubuntu Sénégal y a célébré la journée dédiée à Nelson Mandela tout en lançant officiellement un projet d’autonomisation financière destiné à un groupement de 16 femmes du village.
Porté par Ubuntu Sénégal avec l’appui financier de la Fondation Dona Ajuda, basée au Portugal, le projet, d’un coût de 4 126 000 francs CFA, vise à renforcer les capacités économiques des femmes retournées dans leur village après plusieurs années d’absence. Il repose notamment sur la mise en place d’un poulailler destiné à développer une activité d’élevage de volailles et à générer des revenus pour les bénéficiaires.
« Nous sommes aujourd’hui ici à Boffa Bayotte pour célébrer le Mandela Day et, en même temps, faire le lancement de notre projet axé sur le renforcement des capacités des femmes », explique Baccary Sagna, responsable de la formation au sein de l’Académie des Leaders Ubuntu Sénégal. Selon lui, cette initiative s’inscrit pleinement dans l’esprit du Mandela Day, notamment dans sa dimension de lutte contre la pauvreté et de promotion de la dignité humaine.
Pour Ubuntu Sénégal, la référence à Nelson Mandela va également au-delà de la lutte contre la pauvreté. Elle renvoie aux valeurs de réconciliation, de pardon, de cohésion sociale et de leadership qui ont marqué le parcours de l’ancien président sud-africain. « Mandela est un leader qui a su rassembler les gens, unir les individus et se battre pour les droits et la dignité de l’être humain », souligne Baccary Sagna.
Le projet intervient dans un contexte particulier pour les populations de Boffa Bayotte, notamment les femmes revenues s’installer dans leur village après une longue période d’absence. Pour Édouard Dassylva, chef du village, l’un des principaux intérêts de cette initiative réside justement dans le renforcement de la cohésion sociale.
« Quand nous sommes revenus, il y a eu un temps où les femmes n’étaient pas ensemble. Un tel projet permet d’abord la cohésion », témoigne-t-il. Il estime que le regroupement des femmes autour d’une activité économique commune leur permet non seulement de travailler ensemble, mais aussi de tourner progressivement la page du passé et de se projeter vers l’avenir.
Le poulailler constitue ainsi une première étape. Les bénéficiaires envisagent déjà de diversifier leurs activités, notamment à travers le maraîchage. « Si elles commencent par le poulailler, elles pensent faire au moins du maraîchage. Cela pourra régler le quotidien de ces femmes », poursuit le chef du village.
Pour les bénéficiaires, l’accompagnement d’Ubuntu Sénégal représente également une source d’espoir. Une des représentantes du groupement a exprimé sa gratitude envers l’organisation, rappelant que les femmes ont bénéficié d’un accompagnement qui ne s’est pas limité à la construction du poulailler. Elles ont notamment été formées à Oussouye sur les techniques d’élevage de volailles, l’alimentation et l’entretien des animaux.
« Au début, nous pensions que ce ne seraient que des paroles en l’air. Mais nous avons vu qu’ils se sont investis pleinement pour soutenir les femmes de Boffa », témoigne-t-elle, saluant la concrétisation du projet et souhaitant qu’il puisse se poursuivre et s’étendre à d’autres initiatives.
Du côté d’Ubuntu Sénégal, l’ambition est de faire de cette activité économique un véritable levier de développement communautaire. Christophe Ndouye, président-fondateur d’Ubuntu Sénégal, explique que le projet intitulé « Autonomisation financière du groupement des femmes du village de Boffa Bayotte » a été conçu autour de plusieurs composantes.
Après l’identification du projet, les femmes ont été formées à la ferme de RTH à Oussouye. Cette formation a été suivie par la construction du bâtiment, l’installation du matériel d’élevage, l’acquisition des intrants et l’achat des poussins. Une autre dimension importante concerne la structuration du groupement, afin de permettre aux femmes de mieux s’organiser et de travailler collectivement.
« Dans le contexte du retour, les femmes nous ont expliqué ce besoin d’être organisées, d’être structurées en groupement pour qu’elles puissent s’associer à leurs sœurs de l’arrondissement de Nyassia », précise Christophe Ndouye.
Le financement de 4 126 000 francs CFA a ainsi permis de concrétiser une première phase du projet au bénéfice des 16 femmes officiellement membres du groupement. Pour les responsables d’Ubuntu Sénégal, cet accompagnement répond à une conviction simple : investir dans l’autonomie économique des femmes revient à renforcer toute la communauté.
« Soutenir une femme, c’est soutenir toute une famille et toute une communauté derrière elle », rappelle l’un des responsables du projet.
À Boffa Bayotte, le poulailler apparaît donc comme bien plus qu’une simple infrastructure d’élevage. Il constitue un outil d’autonomisation économique, mais aussi un espace de rencontre, d’organisation et de reconstruction du lien social. Dans un village marqué par une longue période d’absence et par le processus de retour des populations, Ubuntu Sénégal entend ainsi contribuer, à travers cette initiative, à bâtir les bases d’un développement durable porté par les femmes elles-mêmes.
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